A Blanquefort, un bras de fer entre le spécialiste de l'hydrogène HDF et la métropole

Le projet d'extension de fabricant de piles à combustibles HDF sur la friche Ford à Blanquefort fait débat localement. 

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Usine de piles à combustible de HDF Energy à Blanquefort (Gironde).
HDF veut s'agrandir, mais les conditions de cette extension font débat.

Les locaux appelaient «Blanqueford» cette usine emblématique de l'équipementier américain en France. Depuis son implantation en 1973 jusqu'à son départ en 2019, Ford a vu passer à Blanquefort (Gironde) des générations de travailleurs, parfois issus des mêmes familles et au plus haut jusqu'à 3600 personnes, sur 60 des 300 hectares de la zone industrielle. Depuis cinq ans, poussées parle conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, la Ville et l'intercommunalité Bordeaux Métropole, propriétaire de la friche, tentent de concilier réindustrialisation, respect de la biodiversité et besoin de foncier de ce secteur proche de Bordeaux.

L'extension d'Hydrogène de France (HDF Energy) est emblématique de ce difficile équilibre. Sur 4 hectares ayant appartenu à Ford, l'entreprise a inauguré le 30 mai 2024 une usine de piles à hydrogène. Une construction d'un investissement de 20 millions d'euros sur 7000 m2, dont 5000 dédiés à la production. HDF envisage de doubler sa surface. Ses dirigeants - qui n'ont pas souhaité répondre à L'Usine Nouvelle - auraient voulu disposer d'un à deux hectares supplémentaires attenants à leur terrain (dont une partie en zone humide) et ont regretté, lors d'une réunion publique tenue en octobre 2024, le silence de Bordeaux Métropole.

Maire de Blanquefort et vice-présidente de Bordeaux Métropole, Véronique Ferreira ne cache pas son incompréhension : «Si HDF souhaite s'étendre, il lui suffit d'acheter l'un des lots restants composant un ensemble de 5 hectares. Avec ce que cela comporte d'obligations, en matière environnementale notamment. La zéro artificialisation nette impose de s'interroger sur le mode de construction, la consommation du foncier et la renaturation. Nous ne souhaitons certainement pas empêcher HDF de s'étendre.» Mais l'industriel doit, comme les autres, passer les démarches habituelles, longues et parfois fastidieuses, et ne s'est pas encore porté acquéreur officiellement.

Au-delà de ces incompréhensions, l'élue promeut la solution du bail à construction pour une majeure partie des lots à aménager : «D'une durée de dix-huit à quatre-vingt-dix-neuf ans, ce bail engage le preneur à construire et à entretenir un bâtiment industriel. Il en est le propriétaire tant qu'il l'occupe, mais Bordeaux Métropole reste celui du terrain et de l'ensemble à l'issue du bail.» Un dispositif qui possède de nombreux avantages, en termes de fiscalité notamment, et sur lequel les pouvoirs publics comptent pour poursuivre la réindustrialisation du site.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3738 - Janvier 2025

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