HDF inaugure la première usine de piles à combustible de forte puissance au monde à Blanquefort

La première usine de piles à combustible de forte puissance au monde a ouvert ses portes ce jeudi 30 mai en Gironde à Blanquefort. D’une capacité annuelle de près de 100 unités de 1,5 mégawatts, elle devrait produire ses premières unités en 2025. Avec en ligne de mire le couplage avec des centrales photovoltaïques et la mobilité lourde.
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HDF a inauguré son usine hier après-midi.

L’entreprise française HDF inaugurait hier en fin d’après-midi à Blanquefort, en Gironde, son usine de fabrication de piles à combustible de forte puissance, la première du genre au niveau mondial. 7000 mètres carrés et 150 personnes seront ainsi dédiés à la production de ces piles de 1,5 MW, auxquels s’ajoutera un banc de test de 500 mètres carrés. « A terme, nous aurons la capacité de produire un peu moins de 100 unités par an sur nos chaines de production », précise Hanane El Hamraoui, directrice générale adjointe et responsable de l’activité industrielle d’HDF. 

Des piles embarquées dans des containers de 12 mètres

« Notre grosse innovation technologique, c’est la conception de ces piles, explique-t-elle, et leur dimensionnement pour embarquer cette puissance. Elles sont contenues dans des containers maritimes de 12 mètres de long, et pèsent environ 30 tonnes, pour un millier de composants ». Ces composants, achetés chez des partenaires, seront ensuite assemblés au sein de l’usine. Plus précisément, « plus que l’assemblage, dans l’usine, nous allons concevoir les différents circuits et comment ces derniers s’interfacent les uns avec les autres. Nous allons notamment intégrer des étapes de fabrication de chaudronnerie industrielle, tels que la découpe ou encore le cintrage de tuyauterie qui transportent l’hydrogène, l’air et l’eau ». Enfin, avant d’être livrées, chacune de ces unités sera testée sur un banc d’essai spécialement conçu par HDF. 

Les premières unités sortiront ainsi de l’usine en 2025, la fin de l’année 2024 étant consacrée à la mise en place progressive d’un processus industriel fiable et robuste : « La première étape sur laquelle nous allons travailler est celle de l’assemblage des cœurs de piles entre eux pour atteindre la puissance demandée ». 

Une quinzaine de projets de centrales électriques à équiper 

Ces unités devraient ensuite partir équiper les projets développés par HDF. En effet, « nous sommes notre propre marché et nous avons un certain nombre de projets en cours qui auront besoin de nos piles, le plus avancé étant en Guyane, où nous construisons une centrale électrique à hydrogène multi-MW qui sera mise en service en 2026 », précise la directrice générale adjointe. L’idée de ce type de centrale est de produire de l’électricité pour le réseau, en combinant plusieurs énergies : une partie de la production solaire est utilisée pour produire de l’hydrogène, qui sera injecté dans la pile à combustible et permettra de produire de l’électricité durant la nuit. Cette centrale sera équipée de deux unités d’HDF, déjà fabriquées chez l’un des partenaires canadiens de l’entreprise. Au total, HDF travaille sur une quinzaine de projets de ce type, et donc tout autant de piles.  

Des débouchés dans la mobilité lourde

Mais les débouchés ne s’arrêtent pas aux centrales solaires. « Nous mettons au point d’autres piles à combustible de tailles différentes, tout en restant autour du mégawatt en termes de puissance, pour adresser deux autres marchés, qui sont la mobilité lourde maritime, et la mobilité lourde ferroviaire », détaille Hanane El Hamraoui. Pour le premier marché, ces piles pourraient équiper des ferries ou des bacs, et serviraient à alimenter la propulsion électrique du bateau mais aussi tous les auxiliaires que sont la climatisation, le chauffage ou encore la piscine, s’il y en a une. Elles pourraient également fournir de l’électricité propre aux navires à quai. 

Du côté de la mobilité lourde ferroviaire, les unités seront intégrées dans des locomotives de ligne ou de manœuvre de plus de 1 MW de puissance. « Nous allons d’ailleurs devoir retravailler l’encombrement de la pile à combustible pour respecter les contraintes d’une locomotive », souligne-t-elle. Ce qui représente donc un large panel de clients potentiels. 

Une capacité annuelle prête à être doublée

L’entreprise est d’ailleurs déjà prête à passer à l’échelle supérieure. « Nous avons la capacité de doubler la capacité annuelle de l’usine grâce à une réserve foncière de 5000 mètres carrés », indique Hanane El Hamraoui, avant de conclure : « nous allons y aller progressivement car le marché de l’hydrogène est encore tout nouveau et prend du temps pour se lancer. Mais nous serons capables de développer une capacité industrielle très importante dès lors que le marché le nécessitera ». 

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