911 start-up donnent des couleurs industrielles à la French Tech

Les start-up dites industrielles s’ancrent dans le paysage de la French Tech. Au total, 911 jeunes pousses proposent des solutions concrètes aux industriels ou souhaitent faire sortir de terre leur site industriel. Tour d’horizon des start-up industrielles françaises et de leurs besoins.

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Centre d’innovation dédié aux batteries électrique de Verkor à Grenoble
Le centre d’innovation dédié aux batteries électrique de Verkor à Grenoble.

L’industrie séduit les start-up. Et vice-versa. 911 jeunes pousses sont recensées comme plaçant l’industrie au cœur de leur business model : soit car elles ont vocation à ouvrir leur usine, soit car elles cherchent à se mettre au service de l’industrie. Certaines, comme Exotec, font les deux : la licorne construit des robots pour automatiser les entrepôts de ses clients. Un mapping, dévoilé mardi 4 juillet et réalisé par France Digitale, une association réunissant les start-up françaises, avec l’aide d’ArcelorMittal et du fonds d’investissements Jolt Capital, met en lumière un nombre conséquent de start-up dites industrielles parmi les 13 000 à 15 000 start-up sur le territoire.

La santé, l’énergie et les biotech surreprésentées

Avec cette cartographie, les start-up et leurs innovations sont recensées pour les clients et investisseurs potentiels. Les solutions proposées concernent toutes les étapes de la chaîne de valeur : 43% des start-up se concentrent sur l’amont de la production (R&D, design, etc.), 17% sur la production et 40% sur l’aval (qualité, logistique, etc). Elles se saisissent de technologies comme l’intelligence artificielle, l’efficacité énergétique, le big data. Et, si tous les secteurs industriels sont représentés, certains sortent du lot. C'est le cas de la santé, l’énergie, les biotech, l’informatique et l’électronique. La surreprésentation des domaines de la santé et de l’énergie «est une réponse immédiate à un contexte économique global», analyse Maya Noël, directrice générale de France Digitale. Que ce soit la pandémie de Covid-19, les questions environnementales ou l’augmentation soudaine du prix de l’énergie.

Plus de la moitié de ces start-up (548) ont levé des fonds. Celles qui ont réalisé les plus gros tours de table sont : EcoVadis (500 millions d’euros en juin 2022), Exotec (335 millions d’euros en janvier), Innovafeed (250 millions d’euros en septembre), Verkor (250 millions d’euros en novembre) et Flying Whales (122 millions d’euros en juin). Un autre point essentiel : 23% de ces start-up déclarent être déjà rentables et 57% envisagent de l’être dans les trois prochaines années. «Un ordre de grandeur similaire à celui des start-up classiques», précise Maya Noël. L’écosystème est pourvoyeur d’emplois avec plus de 50 000 personnes salariées et près de 8 500 emplois qui pourraient être créés au cours des douze prochains mois. Les emplois sont principalement situés en Ile-de-France (39% des entreprises) en Auvergne-Rhône-Alpes (16%) et en Occitanie (9%). Reste que le recrutement est l’un des principaux freins mis en avant par les start-up industrielles à leur développement.

L’accès aux financements et aux grands groupes

Interrogées sur leurs besoins spécifiques, les start-up soulèvent aussi l’accès au financement. Malgré la prise en compte de leurs besoins par Bpifrance et le gouvernement via le plan France 2030 qui «fait la part belle aux start-up qui proposent des innovations de rupture», explique la directrice générale de France Digitale, ce besoin est toujours présent. En cause : «Un investissement dans le foncier plus conséquent et une phase de de R&D plus longue et coûteuse» que pour les start-up traditionnelles, détaille-t-elle.

Une autre demande est l’accès aux marchés publics et privés ainsi que les difficultés pour contractualiser avec les grands groupes. Ces derniers «doutent souvent de la capacité de la start-up à pouvoir passer à l’échelle et répondre à ses besoins», résume Maya Noël. Les marges des industriels sont faibles, et les investissements doivent venir réduire les coûts de production. «La collaboration avec les grands groupes industriels» est pourtant essentielle, glisse Maya Noël. Le FDTour de France Digitale fait partie des solutions mises en place pour corriger ces limites. La journée du 4 juillet était l’occasion pour des start-up industrielles de rencontrer une dizaine de fonds d’investissement ainsi que le groupe ArcelorMittal. De quoi ouvrir des discussions entre start-up, grands groupes et financiers.

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