10 milliards d'euros et 15 mesures... Comment France Digitale veut accélérer la transformation numérique du pays

Avec ALT-ernatives, France Digitale annonce ne pas présenter un plan sectoriel de plus pour sortir de la crise Covid-19. L'association entend profiter de la prise de conscience qui a eu lieu durant le confinement pour accélérer la transformation digitale, en incitant entreprises, administrations et salariés à passer à l'ère numérique. L'enjeu est de taille à ses yeux : soit la France réussit la numérisation de son économie, soit elle risque de sombrer inexorablement dans les classements économiques internationaux.

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France Digitale
La digitalisation de l'économie est une urgence. France Digitale veut mobiliser.

Ce n'est pas à proprement parler un plan pour les entreprises du numérique que présente mardi 26 mai France Digitale. ALT-ernatives, le document publié par l'association qui regroupe investisseurs et start-up, contient bien 15 mesures, mais sa philosophie est plutôt de solvabiliser la demande faite aux entreprises du numérique et plus spécifiquement aux start-up.

Ceci n'est pas un plan sectoriel

Plutôt que de demander une aide directe en cash, l'association a décliné une série de propositions pour accélérer la transformation numérique de l'économie française à tous les niveaux, partant du constat que le confinement consécutif à la pandémie de Covid-19 a eu pour effet d'accélérer la digitalisation des économies. Il s'agirait maintenant de passer à la vitesse supérieure, notamment pour développer une offre numérique française ou européenne. Le coût affiché pour ces 15 mesures est de 10 milliards d'euros d'investissement public et de 10 milliards d'investissement privé. "Ce plan d'investissement n'est pas une énième série de mesures sectorielles et doit entraîner une profonde mise à niveau des acteurs publics et privés. Il s'agit d'une urgente nécessité si la France veut pouvoir compter encore parmi les membres du G7 en 2030", préviennent les auteurs du rapport.  

Pour cela, France Digitale propose notamment un plan d'équipement en fibre haut débit qui couvrirait 100 % de la population française.  L'association suggère aussi la création d'un taux de TVA réduit pour l'achat de matériel informatique recyclé "de seconde main" afin d'accélérer l'équipement des ménages français, notamment les plus modestes, tout en oeuvrant à la transition écologique. Toujours au chapitre de la "numérisation" de la population française, France Digitale voudrait remplacer le dispositif de chômage partiel par un "congé formation numérique". Les entreprises continueraient à percevoir une aide, à condition de former leurs salariés pendant les périodes d'inactivité consécutive à la pandémie. De cette façon, un plus grand nombre de salariés serait formé aux outils et à la culture numérique. 

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Pas d'aides sans transformation

Pour les entreprises, France Digitale propose de conditionner les aides qui pourraient être versées à une démarche volontaire de transformation numérique. Et d'augmenter le taux du sur-amortissement à 50 % pour l'achat de matériel numérique ou encore la création d'un crédit d'impôt limité à 400 000 euros pour les dépenses de cybersécurité. 

Côté administration, on retrouve des mesures régulièrement évoquées, comme la plus grande part de commandes publiques à des start-up ou l'ouverture plus grande des données publiques. 

transformer l'école

Toujours pour soutenir la numérisation de l'économie française, France Digitale propose un programme ambitieux de formation des jeunes afin que les pénuries de main d'oeuvre dans le domaine informatique ne soient bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Outre la création d'un congé formation numérique, c'est à une transformation numérique de l'école qu'il est urgent de faire, en équipant les écoles, les élèves et en accélérant la formation des professeurs. On trouve aussi à ce chapitre la création de rencontres au cours de leur scolarité entre les étudiants des grandes écoles européennes de business et d'ingénieurs et les plus grandes start-up. Ou encore "l'investissement par les autorités françaises ou européennes des grandes conférences internationales consacrées à l'IA" pour attirer les meilleurs talents mondiaux de ce domaine. 

Pour soutenir le secteur, France Digitale propose aussi que le fonds de soutien aux travailleurs indépendants soit maintenu pendant un semestre après la fin du confinement, considérant que "les freelances du numérique et les travailleurs des plates-formes sont un maillon essentiel de la transformation numérique". 

Pérenniser et muscler

A côté de ces mesures, l'association souhaite mobiliser 10 milliards d'euros d'investissement privé en faveur des start-up, notamment en pérennisant et en "musclant" la réduction d'impôt sur le revenu pour l'investissement dans les start-up ou en renforçant le rôle de BpiFrance "en tant que partenaire financier des start-up et des VC " (les fonds de venture capital). 

Parmi les nombreuses propositions de ce long document, on trouve aussi des mesures pour favoriser en même temps la transition écologique et la transformation numérique, mesures qui font l'objet d'un chapitre particulier. "Les start-up à impact doivent être encouragées, soutenues et accompagnées autour de 3 principes : financer, développer, démultiplier". 

Les dirigeants de France Digitale devraient présenter ce plan au ministre de l'Economie Bruno Le Maire vendredi 29 mai. 

L'intégralité du plan de France Digitale peut être consulté en ligne ICI

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