L’ascension fulgurante de Xiaomi dans les smartphones se poursuit. Le dragon chinois des mobiles, qui s’est hissé à la troisième place mondiale au quatrième trimestre 2020, monte à la deuxième marche du podium au deuxième trimestre 2021 avec 17% des ventes en volume, derrière Samsung (19%) mais devant Apple (14%) selon les chiffres préliminaires du cabinet Canalys.
Alors que les expéditions mondiales de smartphones ont augmenté de 12% au deuxième trimestre 2021, celles de Xiaomi ont explosé de 83%, contre +15% pour Samsung, +1% pour Apple, +28% pour Oppo et +27% pour Vivo, qui figurent dans le Top 5 mondial. Selon Ben Stanton, analyste chez Canalys, Xiaomi se développe rapidement à l'international.
En témoigne la croissance de ses expéditions de plus de 300% en Amérique latine, de 150% en Afrique et de 50% en Europe occidentale. "Et à mesure qu'il grandit, il évolue, remarque-t-il. Il transforme maintenant son modèle économique, passant du statut de challenger à celui d’un opérateur historique, avec des initiatives telles que la consolidation des partenaires de distribution et une gestion plus prudente des stocks sur le marché libre".
Renfort de 5000 ingénieurs en R&D

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Le PDG-fondateur, Lei Jun, ne cache sa joie et sa fierté de voir son groupe dépasser pour la première fois Apple et talonner Samsung. "C'est une réalisation fantastique, et aussi une étape importante dans l'histoire de Xiaomi, se félicite-t-il dans une lettre adressée le 16 août 2021 à ses 25 000 salariés dans le monde. Le 16 août, nous célébrerons le dixième anniversaire du lancement des smartphones Xiaomi, et je suis ravi de recevoir des nouvelles aussi passionnantes en ce moment même!"
Lei Jun voit ce résultat comme le couronnement de sa stratégie "Smartphone & AIoT" mettant le smartphone au cœur de sa conquête de la maison connectée, avec autour, une myriade d’objets connectés (plus de 3 000 disponibles en Chine) alimentés par ses services internet à l’intelligence artificielle. Il attribue également cette performance à sa fougue d’innovation et son effort R&D de 1,3 milliard d’euros en 2020 et 1,7 milliard d’euros en 2021. Et pour conforter sa capacité d’innovation, il prévoit l’embauche de plus de 5 000 ingénieurs cette année en renfort de sa R&D.
Xiaomi profite de l’effondrement de Huawei, victime d’un embargo américain qui lui ferme l’accès aux puces vitales à ses produits. Il a le mérite d’avoir été le constructeur le plus agile pour remplacer son malheureux frère-ennemi à la deuxième place mondiale. La prochaine étape est de se propulser en tête du marché mondial en battant Samsung en 2022 ou 2023. Lei Jun mobilise toutes ses troupes dans cette ambition ultime. Le groupe revendique déjà la place de numéro un dans 12 pays, dont l'Inde et l'Ukraine.
Priorité à l'extension de la base installée
Ce succès spectaculaire pour une marque aussi jeune (Xiaomi n’a que 11 ans d’existence) demande toutefois à être relativisé. "Xiaomi reste largement orienté vers le marché de masse et, comparé à Samsung et Apple, son prix de vente moyen est respectivement d'environ 40% et 75% moins cher, note l’analyste de Canalys. Ainsi, une priorité majeure pour Xiaomi cette année est de développer les ventes de ses appareils haut de gamme, tels que le Mi 11 Ultra. Mais ce sera une bataille difficile, avec Oppo et Vivo partageant le même objectif, et tous deux prêts à dépenser beaucoup d'argent pour le marketing au-dessus de la ligne pour construire leurs marques d'une manière que Xiaomi ne peut pas le faire. A cela s’ajoute le problème d'approvisionnement en composants électroniques dans un contexte de forte pénurie mondiale".
C’est que Xiaomi a choisi un modèle économique qui se distingue par la vente de matériels au plus près de leur coût de revient à moins de 5% de marge. La priorité va à la construction d’une base installée qu’il espère fructifier par des services internet (jeux, vidéo à la demande, recettes de cuisine...). Ce positionnement se voit clairement dans les revenus.
Alors qu’il était numéro trois mondial des smartphones en volume au premier trimestre 2021 avec 15% des livraisons totales selon le cabinet Strategy Analytics, il n’arrive que cinquième en revenues avec seulement 7% du chiffre d’affaires de l’industrie des smartphones, derrière Apple (46%), Samsung (19%), Vivo (8%) et Oppo (7%). Sa compétitivité en prix constitue un élément clé de son succès.
Prudence du PDG
Loin de fanfaronner, Lei Jun se montre plutôt prudent et appelle ses troupes à doubler d’effort pour défendre la nouvelle position de la marque. "Être le numéro deux mondial signifie de plus grands défis et responsabilités pour Xiaomi, prévient-il. C'est la première fois que nous atteignons ce niveau sans précédent, et nous devrons inévitablement faire face aux nombreuses batailles vicieuses et féroces qui nous attendent. Malgré les célébrations en ce moment, je veux m'assurer que nous pourrons maintenir notre deuxième place de façon constante et ferme à l'avenir".
"C'est un honneur pour nous de rivaliser avec les entreprises les plus puissantes et les plus innovantes au monde au sommet de la scène mondiale. Nous sommes encore très jeunes et n'avons donc pas encore accumulé suffisamment d'expérience. Nous devons rester sereins et humbles. Nos pairs sont nos modèles et nos pierres à aiguiser. C'est cette concurrence féroce qui nous a tous poussés à progresser mutuellement. Et grâce à cela, nous pouvons continuer à nous affûter et à devenir plus forts", insiste longuement le dirigeant.
Les smartphones restent un marché extrêmement volatile où les réussites les plus spectaculaires peuvent laisser la place à des déboires tout aussi retentissants. Le triste sort de Huawei le démontre.



