Vulcan s’intéresse au lithium alsacien et veut revendre son énergie décarbonée

L’entreprise Vulcan Energy, qui exploite déjà le lithium géothermal de la vallée du Rhin côté allemand, veut poursuivre l’exploitation côté français, dans le nord de l’Alsace. Et revendre l’énergie issue de la géothermie aux communes et entreprises du territoire.

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Laboratoire de tests de lithium sur la centrale géothermique d'Insheim Vulcan
Vue aérienne de la centrale géothermique d'Insheim, rachetée fin 2021 par le producteur de lithium germano-australien Vulcan Energy.

Produire du lithium de façon décarbonée. C’est l’objectif de Vulcan Energy, qui s’appuie pour cela sur l’eau géothermale qui fournit à la fois énergie et lithium. La société a déposé une demande de permis d’exploration sur un périmètre de 155 kilomètres carrés dans le nord de l’Alsace, à l’est de Haguenau (Bas-Rhin). «Il n’y a que deux endroits dans le monde où l’on peut trouver cette ressource géothermale, en Californie, et dans la vallée du Rhin, côté allemand et côté français», avance Vincent Ledoux-Pedailles, directeur commercial de Vulcan Energy.

La société, créée en Australie en 2018, a privilégié le marché européen en s’implantant en Allemagne, où elle détient déjà onze permis exclusifs de recherche et d’exploitation et où sont employés la quasi-totalité des 170 salariés. C’est là qu’elle a développé un procédé d’extraction de lithium, qu’elle souhaite désormais appliquer aux ressources géothermales côté français. La saumure en Alsace est similaire à celle actuellement exploitée côté allemand, souligne la société, ce qui permet de dupliquer le procédé.

Le procédé mis au point par Vulcan Energy consiste à extraire la saumure située entre 2,5 et 3,5 kilomètres de profondeur. La saumure qui sort à environ 165 degrés est d’abord utilisée pour produire de l’énergie, puis orientée sur un processus d’extraction de lithium, avant d’être réinjectée dans le sous-sol. Le chlorure de lithium extrait est envoyé sur un site à Francfort pour être converti en hydroxyde de lithium. Stellantis (actionnaire de Vulcan Energy), Renault, Volkswagen, le fabricant de batteries LG et le chimiste Umicore sont déjà clients.

Si la licence est accordée en France, la production d’hydroxyde de lithium pourrait démarrer en moyenne à 8 000 tonnes par an. « Ce serait un début, car la ressource est beaucoup plus importante », pointe Vincent Ledoux-Pedailles. L’enjeu pour Vulcan Energy est de trouver des clients pour l’énergie produite par la géothermie. Vulcan Energy en utilise environ 50 % et peut revendre l’autre moitié.

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Fournir les réseaux de chaleur locaux

Pour cela, l’entreprise a entamé des discussions avec toutes les communes concernées par la licence d’exploitation et avec les industriels locaux. «Nous espérons faire une première annonce de collaboration d’ici quelques semaines», souligne Vincent Ledoux-Pedailles. En Allemagne, la société a déjà un accord avec la ville de Mannheim pour fournir les réseaux de chaleur locaux.

L’entreprise a créé une filiale française cet été et a commencé à recruter des premiers salariés pour l’exploitation et la géothermie. Le nombre de recrutements dépendra notamment des contrats signés avec des entreprises et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) pour la revente d’énergie.

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