S’assurer un approvisionnement en énergie déconnecté du réseau, et si possible un peu de matières premières ! Voici l’objectif du quatrième accord signé entre le groupe automobile Stellantis et la start-up australienne Vulcan Energy Resources, dévoilé le 31 mai. Les deux industriels considèrent l'opportunité d'installer une centrale géothermique sur le site de Mulhouse de Stellantis, qui assemble dans le Haut-Rhin la DS 7, les Peugeot 308 et e-308 (sa version électrique), ainsi que la 508 et la nouvelle 408.
Sur le modèle d’un projet similaire lancé pour l’usine de Rüsselsheim, en Allemagne, en début d’année 2023, l’objectif est de permettre à Stellantis de gagner en autonomie énergétique via un approvisionnement maîtrisé en chaleur décarbonée. Ce faisant, Vulcan en profitera pour évaluer le potentiel du lithium géothermal de la zone.
Combler une part significative des besoins énergétiques du site
C’est l’originalité du modèle de Vulcan, qui se concentre sur la zone du fossé rhénan, entre la France et l’Allemagne. La start-up australienne s’y positionne à la fois en tant que producteur d’énergie géothermique (elle a racheté une centrale de production à Insheim, en Allemagne, en 2021) et en tant que fournisseur d’hydroxyde de lithium, qu’elle prévoit d’extraire directement des saumures géothermales. Ce composé chimique, critique pour les batteries hautes-performances des véhicules électriques, serait ainsi produit en Europe sans émission de carbone, promet Vulcan. Son plan a convaincu des constructeurs automobiles comme Volkswagen, Renault, ou Stellantis de signer des contrats d’achat. Stellantis, qui est devenu le deuxième actionnaire de Vulcan - par ailleurs côté en bourse - en 2022, multiplie depuis les collaborations avec la start-up.
Le projet a donc deux volets. Dans le premier, énergétique, Vulcan mènera une étude de préfaisabilité pour la construction d’une installation d’énergie géothermique. Les détails de coûts et de production ne sont pas encore connus, mais les deux partenaires estiment qu'elle pourrait «contribuer à combler une part significative des besoins énergétiques annuels du site dès 2026». L’étude, dont les résultats sont attendus avant la fin d’année, doit permettre d’évaluer la quantité exacte d’énergie disponible dans le sous-sol de l’usine. Les caractéristiques géologiques connues laissent penser qu'il sera surtout possible de produire de la chaleur à basse température (110°C maximum), plutôt que de l'électricité. Il serait financé à égalité par les deux acteurs.

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Vers du lithium à Mulhouse ?
Le second volet concerne le lithium. «Alors que nous restons concentrés sur notre phase 1 de développement du lithium et de l’énergie géothermique dans notre gisement de saumure de la haute vallée du Rhin [qui doit permettre à Vulcan de produire 24 000 tonnes d’hydroxyde de lithium en Allemagne chaque année à partir de 2026], ce nouveau projet représente une opportunité d’élargir nos possibilités de développement vers certaines zones plus périphériques de la haute vallée du Rhin, avec le soutien de partenaires industriels comme Stellantis», explique dans un communiqué de presse le directeur général de Vulcan, Francis Wedin.
Une perspective encore incertaine, car les teneurs en lithium de la zone, périphérique par rapport à la faille rhénane où se trouve la majorité du métal, ne sont pas garanties. Pour s’assurer du potentiel minier du projet, Vulcan a déposé une demande de licence exclusive de recherche de ressources minérales pour la zone de Kachelhoffa, sur une superficie de 480 kilomètres carrés au nord de Mulhouse. D’après les données fournies au gouvernement dans la demande, le budget prévisionnel pour mener les études exploratoires et creuser de premiers puits est de 24 millions d’euros. Vulcan, qui a déposé une quinzaine de demandes de licences en Allemagne, souhaite maintenant s’étendre côté français et avait déjà déposé une première demande d’exploration en Alsace, dans la zone dite “les cigognes” à l’est de Haguenau, en novembre 2022. Il y sera à proximité d'Electricité de Strasbourg, ou de Lithium de France, qui veulent eux aussi combiner lithium et énergie en Alsace.



