Vinci Construction réaffirme ses ambitions dans la course à la transition écologique. Le groupe a annoncé le 3 juin que dès 2030, le béton utilisé dans ses constructions sera bas carbone à 90 %. A cette date, le spécialiste du BTP espère avoir réduit 40 % de ses émissions de CO2 par rapport à 2018, puis parvenir à la neutralité carbone en 2050.
Une alternative au clinker
« Vinci Construction a l'ambition de développer l'usage de ces bétons pour la réalisation de tous types d'ouvrages, bâtiments comme infrastructures, et s'engage à généraliser leur emploi sur ses propres chantiers au cours de la décennie », a précisé le groupe dans un communiqué.
L'enjeu est de taille pour les acteurs du secteur, car si le béton n'est qu'un mélange de sable et de graviers, produire son liant, le ciment, est particulièrement polluant. Pour en obtenir, il faut faire chauffer 80 % de calcaire (contenant 40 % de carbone) et 20 % d’argile à 1 450 degrés. Créer ce mélange, appelé clinker, émettrait 850 kg de CO2 par tonne. Ainsi, l'industrie cimentière serait aujourd'hui responsable de 7 % des émissions de CO2 de la planète.
De nombreuses pistes
Vinci Construction explique dans son communiqué qu'il a réussi à se passer presque entièrement de clinker, en développant un béton bas carbone « à base de laitier de haut-fourneau » issu du recyclage de déchets « venant de la production de la fonte ». Ce procédé permettrait de réaliser 60 % d'économies de CO2 comparé à un béton normal.
Le groupe a d'autres cartes en main pour réduire ses émissions. Il prévoit notamment d’implanter 430 bornes de recharge électrique sur ses autoroutes en 2023, contre 200 aujourd’hui. Il travaille par ailleurs sur l’hydrogène vert avec Air liquide et le CEA et souhaite développer son offre de matériaux recyclés et de panneaux photovoltaïques. La compétition sera néanmoins rude, car d'autres leaders du BTP, à l'image d'Eiffage ou de Bouygues, ont également annoncé des investissements massifs pour des constructions plus écologiques.



