Spécialisée dans la fabrication de receveurs de douches, lavabos et éviers en céramique, l’usine française de Villeroy & Boch, basée à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne), engage un plan pluriannuel d’investissement pour baisser sa facture énergétique. Entre fin 2022 et 2023, une première enveloppe de 6 millions d'euros devrait permettre de réduire la consommation énergétique annuelle du site d'environ 5,5 GWh et d'éviter l'émission d'environ 1 000 tonnes de CO2 par an.
Un premier volet du programme consiste à remplacer d'anciens séchoirs par des séchoirs de nouvelle génération. En parallèle, le site tarn-et-garonnais va être équipé d'une solution innovante de stockage thermique haute température développée et brevetée par la société Eco-Tech Ceram, qui va permettre une valorisation sur site de la chaleur fatale issue des fumées du process de cuisson. Les travaux préparatoires seront réalisés dès le dernier trimestre 2022, pour une mise en service au printemps 2023.
Nouveau débouché commercial pour Eco-Tech Ceram
Dans un premier temps, les onze séchoirs existants vont être remplacés par cinq séchoirs de nouvelle technologie. «Le chantier d'installation des nouveaux séchoirs devrait être conduit en quelques semaines, pour une mise en service dès février 2023», précise Laurent Santarelli, directeur de l'usine. Le second volet du programme porte sur la valorisation de la chaleur fatale issue du four tunnel vers le circuit de chauffe des nouveaux séchoirs. C'est sur ce volet qu'intervient Eco-Tech Ceram avec sa solution Eco-Stock, qui permet d'aspirer les fumées chaudes en sortie du four, de les stocker dans une batterie thermique composée de céramiques réfractaires et de les restituer à la demande. La livraison du dispositif est attendue pour novembre 2022, pour une mise en service en avril 2023.
Pour la jeune société créée en 2014 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et implantée depuis 2021 à Balma (Haute-Garonne), il s'agit d'une nouvelle démonstration à l’échelle industrielle de sa technologie, après une première concrétisation fin 2019 chez le fabricant de tuiles Tegulys, à Meymac (Corrèze) et une seconde installation livrée en avril 2022 à ArcelorMittal, à Dunkerque (Nord). Le projet, évalué à lui seul à 3 millions d'euros, est accompagné par la Région Occitanie à hauteur de 400 000 euros et par l'Etat, via l’Ademe, pour 800 000 euros. Pour ce programme, Villeroy & Boch a fait appel à l'expertise en montage de projets de Greenflex (groupe TotalEnergies).
Photovoltaïque et hydrogène en ligne de mire
«Avec ce plan d’investissement 2022-2023, nous prévoyons de réduire notre consommation énergétique d'un peu plus de 20%. Mais nous ne comptons pas en rester là», souligne Laurent Santarelli. Deux autres projets sont à l'étude, l'un portant sur l'implantation de panneaux photovoltaïques (en toiture ou au sol, la réflexion est en cours), le second sur celle d'un électrolyseur dédié à la production d’hydrogène. Ces nouveaux investissements seront précisés et chiffrés courant 2023, pour être mis en œuvre en 2024 et 2025. «Nous souhaitons bâtir sur le site industriel de Valence-d'Agen une plateforme multi-énergies qui puisse servir de démonstrateur de technologies émergentes à l'échelle du groupe, et plus largement en direction de notre filière industrielle», précise Laurent Santarelli.
Filiale du groupe allemand Villeroy & Boch (6 900 salariés dans le monde, 945 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021), l'usine tarn-et-garonnaise emploie 220 salariés et affiche 57,2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, en progression sur les 51,7 millions d’euros réalisés en 2020.



