Comment valoriser un maximum de fumées industrielles ? C'est pour répondre à cette question que la start-up Eco-Tech Ceram s'est associée avec l'IMT Mines d'Albi pour créer, le 25 avril à Albi (Tarn), le nouveau laboratoire Solutec. Celui-ci va s'appuyer sur la solution de stockage thermique haute température développée et brevetée par la société occitane pour lever les verrous technologiques du traitement des fumées complexes.
« [Notre solution ]Eco-Stock est déjà en capacité de proposer aux industriels une solution pour la valorisation des fumées propres et le stockage de l'énergie. Cela représente à peine 20% des fumées industrielles hautes-températures que nous pourrions cibler à terme. Tout l'enjeu est de faire évoluer notre solution pour s'attaquer à la valorisation de fumées beaucoup plus complexes », explique Antoine Meffre, fondateur et PDG d'Eco-Tech Ceram. Les fumées, trop chargées en acides, bases, poussières ou goudrons, sont sources de corrosion ou d'encrassage qui menacent l'intégrité des matériaux du système de stockage.
Elargir le potentiel de valorisation d'Eco-Stock
« Plus d'un tiers de l'énergie consommée par l'industrie part aujourd'hui en fumée », rappelle Antoine Meffre. Créée en 2014, Eco-Tech Ceram a mis au point une solution dédiée au stockage de la chaleur à haute température issue de ces fumées, jusqu'à 1 000 °C, qui permet de gérer l’intermittence et la variabilité des gisements et des consommations énergétiques. Concrètement, il s'agit d'une batterie thermique, de la taille d’un container classique, composée de céramiques contenues dans une cuve en acier.
Les fumées chaudes sont aspirées. Les matériaux céramiques captent la chaleur qui peut ensuite être restituée à la demande. Cinq familles de brevets ont été déposées. Un premier dispositif a été installé fin 2019 chez le fabricant de tuiles Tegulys, à Meymac (Corrèze). Un second vient d'être livré en avril 2022 à ArcelorMittal, à Dunkerque (Nord) et une nouvelle commande a été signée pour équiper un site de production de briques et tuiles de Wienerberger dans l'Ain. « Nous tablons sur un chiffre d'affaires de l'ordre de 5millions d'euros pour 2022 », précise Antoine Meffre.
Une accélération commerciale que les nouveaux travaux de R&D devraient venir conforter. Ceux-ci porteront à la fois sur les céramiques et sur les aciers utilisés pour l'enveloppe, pour élargir le spectre d'utilisation de l'Eco-Stock à tous les types de fumées industrielles.
Eco-Tech Ceram Une version mobile de l’Eco-Stock livré sur le site d’ArcelorMittal, à Dunkerque (Hauts-de-France) en avril 2022. © Eco-Tech Ceram
Sélectionner et caractériser de nouveaux matériaux
« Actuellement, le cœur du système Eco-Stock intègre des céramiques réfractaires de type alumine, qui résistent plutôt bien aux acides. L'un des axes du laboratoire devrait porter sur d'autres types de matériaux, dont des céramiques à base de magnésie », confie le chef d'entreprise.
Au sein du laboratoire, les équipes d'Eco-Tech Ceram travailleront main dans la main avec les chercheurs du laboratoire Rapsodee (Recherche d'Albi en génie des procédés des solides divisés, de l'énergie et de l'environnement). L'unité mixte de recherche CNRS-IMT Mines d'Albi est engagée dans le développement de procédés à haute efficacité énergétique et environnementale, avec une expertise particulière dans la caractérisation des matériaux. Solutec occupera une demi-douzaine de chercheurs en équivalents temps pleins, avec un budget de 420 000 euros sur quatre ans, financés à hauteur de 360 000 euros par l'Etat. Au-delà de 2025, la société s'engage à pérenniser la structure avec un financement de 100 000 euros par an jusqu'à 2030.
Créée à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Eco-Tech Ceram, a choisi en 2021 d'implanter son bureau d'études et ses équipes commerciales à Balma, dans l'agglomération toulousaine (Haute-Garonne), où est dorénavant regroupé l'essentiel de ses troupes. En un an, les effectifs sont passés de 11 à 28 salariés (principalement des ingénieurs et des doctorants). Plus d'une quarantaine de postes supplémentaires seront créés d'ici fin 2025.



