Un navire affrété par Cargill a (littéralement) mis les voiles. Le spécialiste américain des ingrédients agroalimentaires, qui a annoncé lundi 21 août que le Pyxis Ocean de Mitsubishi avait levé l'ancre, teste sur ce cargo une technologie de propulsion éolienne qui doit contribuer à réduire l’empreinte carbone du transport maritime, responsable d'environ 3% des émissions mondiales de CO2. Equipé au chantier naval Cosco de Shangai (Chine) de deux BAR Tech WindWings, des voiles de 37,5 mètres de haut, le bâtiment servira de «base à la mise à l'échelle et à l'adoption [de la voile, NDLR] non seulement de la flotte de Cargill, mais aussi de l'ensemble de l'industrie», explique le groupe dans un communiqué, qui précise que le projet est cofinancé par l'Union européenne.
Les WindWings ont été conçues par le cabinet d’ingénierie britannique BAR Technologies et Yara Marine Technologies, la division du groupe norvégien d’engrais Yara spécialisée dans les systèmes de réduction d'émissions polluantes pour les navires. Elles doivent générer des économies de carburant de 30% au maximum sur des bateaux neufs. Les deux partenaires, qui comptent d’ores et déjà construire des centaines d’ailes dans les quatre années à venir selon Cargill, observeront de près les performances des équipements durant l’expédition du navire, dont la durée n’a pas été précisée.
Des initiatives similaires à travers le globe
«Chez Cargill, nous avons la responsabilité de mettre en place des solutions de décarbonation dans toutes nos chaînes d'approvisionnement afin de répondre aux besoins de nos clients et à ceux de la planète», a assuré Jan Dieleman, le directeur de Cargill Ocean Transportation, cité dans le communiqué. La société qui exploite une flotte de 700 vraquiers réfléchit également à employer les carburants alternatifs à l’image du méthanol, de l’ammoniac ou encore des biocarburants pour se verdir.
De nombreux projets de cargo à voiles voient le jour à travers le monde ces dernières années et notamment dans l’Hexagone. Le navigateur François Gabart, vainqueur du Vendée Globe en 2013, a cofondé Vela dans l’objectif de concevoir un trimaran qui assurera le transport de marchandises entre la France et les Etats-Unis à partir de 2025. Airseas, une autre start-up tricolore, développe quant à elle un imposant kite qui tractera les bateaux. Sa première usine doit ouvrir en 2024. Plus inattendu, le pneumaticien Michelin travaille lui aussi sur la propulsion vélique. Il compte commercialiser son aile gonflable rétractable et automatisée à l’horizon 2025-2026.



