Ses plateformes hydrauliques relèvent les annexes ou forment des ponts pour la baignade à l'arrière des voiliers et catamarans de croisière. Tenderlift inaugure ce jeudi 27 mars un bâtiment industriel de 2250 m² sur un terrain de 3700 m² du Pôle nautique de Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales.
L’extension, opérationnelle depuis novembre 2024, a nécessité un investissement de 4 millions d’euros afin de recevoir une unité de grande dimension de thermolaquage. «Nous avons internalisé cette étape, tout en conservant une part de sous-traitance», explique le président Benoît Chatillon. L’usine comprend aussi une salle propre pour l’assemblage des composants hydrauliques, une zone de prototypage et de tests et des espaces de travail collaboratifs.
«L’extension libère de l’espace dans le bâtiment de 800m² où se trouve l’atelier de soudure. Nous allons y injecter un million d’euros dans la mécanisation, notamment avec l’arrivée prochaine d’une machine de découpe laser tubes», indique Benoît Chatillon. La PME, qui a dépassé les 2000 unités depuis sa création en 2001, peut produire une plateforme par jour.
Près de 7 millions d’euros investis en quatre ans
Benoît Chatillon, ancien dirigeant de sites industriels comme les Verreries d’Albi, a repris fin 2020 Tenderlift avec sa femme Hélène, directrice générale. «Cela cochait toutes les cases : un marché de niche, avec une activité de fabrication, situé près de la mer et de la montagne», narre-t-il. Dans une première phase, ils investissent avec une aide de la région Occitanie 1,8 million d’euros en 2021-2022 pour bâtir une extension de 700 m² doublant la surface de production. L’atelier de chaudronnerie passe de 4 à 12 mécano-soudeurs. «Nous avons investi dans des process de soudure dernier cri et les conditions de travail avec des cagoules autoventilées et deux grands ponts roulants», détaille-t-il.
Tenderlift a acheté fin 2022 la société d’ingénierie hydraulique bordelaise HydrauNautic, complémentaire, et en transfère l’activité à Canet-en-Roussillon. Parallèlement, les dirigeants étoffent le bureau d’études, qui passe à 15 ingénieurs et techniciens. De 17 salariés fin 2020, l’effectif s’élève à 62 aujourd’hui, «dont une douzaine de femmes, alors qu’il n’y en avait pas une au moment du rachat», se félicite Benoît Chatillon, qui se réjouit d’avoir une cheffe d’atelier.
La stratégie a payé : Tenderlift affiche un chiffre d’affaires de 10,5 millions d’euros en 2024, au lieu de 3 millions fin 2020. 30% est réalisé à l’export, grâce à un réseau de 25 distributeurs agréés. Mais, après trois ans de croissance post-Covid, le marché de la plaisance est «plutôt dur, en cycle bas», note le dirigeant. «L’incertitude géopolitique et les tensions USA-Europe décalent les intentions d’achat, observe-t-il. Il faut préparer l’avenir, avec des axes de diversification.»
La PME travaille sur des systèmes de pilotage de voiles rigides de cargo de commerce. Elle a lancé au second semestre 2024 sa filière «verte» de plateformes récupérées, démontées et repackagées. Pour continuer à avancer, une montée en gamme - une plateforme sophistiquée pour de plus gros catamarans - est dévoilée à l’inauguration, où sont attendues plus de 200 personnes.



