Verso Energy veut investir 450 millions d’euros dans l’hydrogène renouvelable à Carling-Saint-Avold

Ex-patron de Direct Energie, Xavier Caïtucoli, planifie un investissement de 450 millions d’euros dans une unité de production d’hydrogène renouvelable à Carling-Saint-Avold (Moselle). Sa société Verso Energy engage la concertation préalable du projet le 23 octobre.

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Electrolyseurs fournis par Siemens Energy
La mise en service de trois électrolyseurs fournis par Siemens Energy devrait s’échelonner de 2028 à 2030.

La plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold (Moselle) se positionne comme le futur fournisseur d’hydrogène décarboné de la sidérurgie sarroise, en Allemagne, à une trentaine de kilomètres. Le site mosellan de 600 hectares pourrait accueillir à l’horizon 2028 la première unité de production d’hydrogène renouvelable du français Verso Energy. Le 23 octobre, le projet d’un montant total de 450 millions d’euros d’investissement engage sa concertation préalable sous l’égide de la commission nationale du débat public (CNDP).

Verso Energy a été créé en 2021 par Xavier Caïtucoli, fondateur de Direct Energie qu’il a revendu en 2018 à TotalEnergie et Antoine Huard, ex-directeur de Générale du solaire.

A Carling-Saint-Avold, le duo d’entrepreneurs a identifié 9 hectares d’une ancienne zone de stockage de déchets inertes sur laquelle ils prévoient d’implanter trois électrolyseurs de 100 mégawatts chacun fournis par l’allemand Siemens Energy. Leurs mises en service, échelonnées de 2028 à 2030, devraient s’accompagner de la création de 20 à 40 emplois directs et 40 emplois indirects. Ces installations produiront de l’hydrogène majoritairement à partir d’électricité d’origine renouvelable (hydrogène renouvelable), mais aussi à partir d’électricité du mix électrique français (hydrogène bas carbone).

Gazelenergie aussi sur les rangs

«Le lancement de Direct Energie correspondait à une rupture, celle de la libéralisation du marché de l’électricité en 2007. Aujourd’hui, la transition énergétique marque aussi une rupture, encore plus importante, mais à l’inverse de l’aventure Direct Energie où nous subissions des vents contraires, les projets dans l’hydrogène renouvelable bénéficient d’un fort soutien de la part des pouvoirs publics et de l’opinion», analyse Xavier Caïtucoli, président de Verso Energy.

La jeune société a noué un partenariat avec les gestionnaires de réseaux français RTE et GRTgaz, co-maîtres d’ouvrage du projet. Le premier va tirer une ligne souterraine de 400 000 volts sur un peu plus de 2 Km en vue d’alimenter les futurs électrolyseurs. Le second va connecter les installations de Verso Energy au futur réseau de transport d’hydrogène MosaHYc (Moselle Sarre Hydrogène Conversion). Ce programme porté par GRTgaz et son homologue allemand Creos Deutschland (groupe Encevo) mobilise environ 60 millions d’euros d’investissement dans la conversion de 70 Km de canalisations existantes (gaz naturel et naphta) et la construction de 30 Km de nouvelles canalisations. Le réseau connectera notamment, à l’horizon 2027, l’aciérie SHS (Saar holding stahl), troisième producteur d'acier allemand, qui cherche à substituer l’hydrogène aux gaz de coke en vue de produire un acier bas carbone.

Pour accélérer son développement, Verso Energy a levé en début d’année 50 millions d’euros auprès d’Eiffel Investment, AMS Capital (AMS Industries), Antoine Huard et Crescendix, la société d’investissement de Xavier Caïtucoli. «Le principal enjeu pour Verso Energy consiste aujourd’hui à identifier les bons projets, bénéficiant de foncier disponible, d’un accès aux utilités, d’un soutien des élus et des populations locales, comme c’est le cas à Carling-Saint-Avold, un territoire engagé dans la redynamisation de son tissu industriel», commente Antoine Huard.

A 500 m du futur site de Verso Energy, un autre producteur d’énergie, GazelEnergie, filiale du tchèque EPH, planche sur l’installation d’électrolyseurs à l’horizon 2028. Le groupe qui exploite à Carling-Saint-Avold une des deux dernières centrales thermiques au charbon françaises, libère actuellement du foncier en démantelant trois des quatre tours aéroréfrigérantes de la centrale. Il prévoit d’y mettre en service, à partir de 2028, des électrolyseurs d’hydrogène dont la puissance totale devrait atteindre à termes 400 MW pour un investissement de 480 millions d’euros.

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