Veolia fait pression. Mardi 3 novembre, le groupe a présenté un calendrier accéléré pour mener à bien son projet d’offre publique d’acquisition (OPA) sur Suez dans l’espoir de créer un champion mondial de la gestion de l'eau et des déchets. “L'OPA se fera quoi qu'il arrive, et au plus tard après la prochaine assemblée générale", a déclaré le PDG de Veolia, Antoine Frérot. Le patron a également critiqué la “politique d’obstruction systématique” menée par les dirigeants de Suez qui restent fermement opposés à un rapprochement avec leur concurrent.
Antoine Frérot dénonce une “bataille d’arrière garde”
Antoine Frérot a convoqué un ballet de directeurs, d’avocats et de professeurs en droit pour défendre le projet tant controversé. Le PDG a commenté chaque rebondissement ou polémique qui ont rythmé le bataille entre Veolia et Suez : le placement de la filiale Eau France dans une fondation de droit néerlandais, la décision du tribunal de justice de Paris de suspendre les effets de la vente des titres d’Engie, l’accélération des cessions chez Suez… “Une politique de la terre brûlée”, selon Antoine Frérot.
Veolia s’est déjà offert 29,9 % du capital de Suez après une transaction avec Engie. “Des démarches auprès des autorités de la concurrence ont été immédiatement entamées. Elles se déroulent normalement, a assuré Antoine Frérot. C’est la discussion avec ces autorités de la concurrence qui va déterminer la durée de l’opération. Et non pas la bataille d’arrière garde menée par quelques dirigeants de Suez.”

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Veolia dévoile une “nouvelle étape” dans son projet
En réaction aux multiples cessions annoncées par Suez pendant l’automne, Veolia a présenté une “nouvelle étape” dans sa stratégie de rapprochement. L’entreprise s’engage désormais à déposer son OPA sur le solde du capital de Suez dès l’accord du conseil d’administration et dès l’annulation de l’entité néerlandaise dans laquelle a été barricadée Eau France. “Je renonce ce faisant à la possibilité d’invoquer le contexte de crise économique et sanitaire pour freiner ou reporter le rapprochement”, a souligné Antoine Frérot.
Veolia rappelle les termes de son offre : un prix de 18 euros par action, soit une prime de 75 % par rapport au cours du titre en date du 30 juillet. Le coût du rachat global est estimé à 11,3 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros déjà payés à Engie et 4 à 5 milliards de cessions anti-trust. Veolia évalue les synergies à 500 millions d’euros avec une opération relutive sur le bénéfice net par action dès la première année.
L’espoir d’un conseil renouvelé pour Veolia
Il reste donc à satisfaire cette condition, qui n’est pas la plus simple : obtenir l’accord du conseil d’administration de Suez. “Le conseil de Suez actuel ou le conseil de Suez futur, a pris le soin de préciser Antoine Frérot. Je m’adresse aux actionnaires en leur disant : ce projet, si vous le souhaitez, [...] faites pression sur le conseil actuel de Suez. [...] À défaut, exprimez-vous lors de la prochaine assemblée générale en réitérant votre souhait de ce projet et en proposant un conseil renouvelé qui lui pourra alors, selon votre souhait, marquer un accord.” Une assemblée générale des actionnaires de Suez est prévue avant juin 2021, selon Antoine Frérot.
Le PDG a bonne confiance dans sa capacité à obtenir le soutien des actionnaires. “Cela signifie, de manière simple, que l’OPA se fera quoi qu’il arrive, et au plus tard après la prochaine assemblée générale”, a déclaré l’industriel.
Le dossier devrait occasionner de nouvelles passes d’armes dans les prochains jours. Le président et le directeur général de Suez doivent être auditionnés mardi 3 novembre par les parlementaires tandis que les syndicats de l’entreprise appelaient à la grève le même jour. Le président d’Engie s’exprimera quant à lui le 4 novembre au Sénat. Une audience en justice est également programmée le 5 novembre sur la suspension des effets de la vente des titres d’Engie.



