Un projet aussi attendu que redouté. Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, et le directeur général du groupe français, Luca de Meo, ont présenté mercredi 25 novembre les futures activités de Flins (Yvelines). Une évolution nécessaire pour assurer la survie du lieu, à entendre Jean-Dominique Senard : "Nous savons tous que le statu quo n’est plus possible. Nous sommes là pour sauver Flins", a-t-il déclaré depuis l’usine, lors d’une conférence de presse retransmise en ligne.
Conformément aux annonces effectuées dans le cadre du plan d’économies en mai, le site des Renault Zoé électriques et Nissan Micra abandonnera en 2024 la production de véhicules finis pour se spécialiser dans l’économie circulaire. Il reprendra les activités de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), voué à fermer. "C’est un projet d’une grande modernité qui devrait permettre aux salariés de se centrer sur des compétences qui leur assureront un meilleur futur qu’aujourd’hui", a voulu convaincre Luca de Meo.
3 000 emplois à Flins à horizon 2030
La "Re-Factory" de Flins doit devenir "la première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité", indique Renault dans un communiqué publié le 25 novembre. A l'horizon 2030, le site doit générer 3 000 emplois. L’équivalent de l’effectif cumulé de Flins (2 600 personnes) et Choisy (260 salariés). "On va intégrer le plus de personnes possible de Choisy" a indiqué Luca de Meo, tout en évoquant un "volet de reconversion des compétences très fort" avec un début des formations dès 2021.

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Le directeur général de Renault a également insisté sur la création d’emplois "par d’autres acteurs extérieurs, puisque Flins devient avec ce projet une plate-forme ouverte autour de l’économie circulaire". A l’issue d’une transformation qui doit s’étaler entre 2021 et 2024, Flins comptera quatre pôles. L’un, baptisé "Re-start", a pour vocation d’"accélérer la recherche et l’innovation en matière d’économie circulaire" et prévoit la création d’un incubateur, ainsi que d’un pôle universitaire et de formation.
Lignes de reconditionnement et de démantèlement
De quoi contribuer à la création d’un écosystème autour de l’économie circulaire. En parallèle, Renault veut positionner Flins sur le reconditionnement de véhicules d’occasion. "Le marché du véhicule d’occasion représente deux et demi voire trois fois celui du neuf dans les différents pays européens. Il y aura une demande en véhicules d’occasion de grande qualité", a justifié Luca de Meo. Pour répondre à ces besoins, une ligne de reconditionnement de ces voitures va être créée l’année prochaine.
Elle sera en mesure de reconditionner plus de 45 000 véhicules par an à partir de septembre 2021. En parallèle, le site travaillera sur la vie des batteries, dans le cadre d’un troisième pôle d’activité. Et notamment à la question de la seconde vie de ces composants, ainsi que de leur recyclage. Dans ce cadre, Flins se dotera dès l’année prochaine d’un système de stockage stationnaire d’une capacité de 15,5 mégawattheures.
Le quatrième et dernier domaine d’activité de Flins reposera sur les compétences de Choisy-le-Roi, avec pour objectif de recycler les véhicules hors d’usage et de continuer à faire croître la part des matériaux recyclés dans les voitures de Renault, pourtant déjà "un des plus élevés de l’industrie" automobile selon Luca de Meo. Une ligne doit être installée en 2024 sur le site francilien avec pour objectif de démanteler 10 000 véhicules par an.



