Renault réutilise ses batteries dans deux nouveaux projets de stockage d’énergie

Deux projets, en France et au Royaume-Uni, vont permettre d’offrir un usage stationnaire à des batteries utilisées dans les voitures électriques de Renault.

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Renault va déployer un système de stockage d'énergie dans son usine de Douai, basé sur des batteries de seconde vie.

Renault poursuit son travail sur la seconde vie des batteries de ses voitures. Le groupe au Losange a annoncé mercredi 21 octobre le lancement de deux nouveaux projets de stockage d’énergie, en France et au Royaume-Uni, grâce à des batteries utilisées dans un premier temps pour propulser des voitures électriques. Dans l’Hexagone, le constructeur a installé un système de stockage stationnaire dans son usine de Douai (Nord) doté d’une capacité de 4,7 mégawatts.

Installées dans des conteneurs, 150 anciennes batteries de la Zoé, "ainsi que des batteries neuves, stockées ainsi pour des futurs usages en après-vente", visent à absorber les écarts entre les pics de consommation et de production d’électricité. Le choix de l’usine ne doit rien au hasard. C’est à Douai, futur pôle d’excellence du groupe, que sera produit le modèle électrique de série dérivé de la Mégane eVision, basée sur la nouvelle plateforme de l’Alliance CMF-EV.

Au total, ce projet baptisé "Advanced Battery Storage", vise à atteindre "une capacité installée de près de 50 mégawattheures sur plusieurs sites en France", précise Renault.

Plusieurs acteurs sont impliqués dans cette première initiative aux côtés du groupe au Losange : la Banque des Territoires, le fonds de modernisation écologique des transports géré par Demeter, ainsi que la start-up allemande The Mobility House.

1 000 batteries de seconde vie

Au Royaume-Uni, le second projet "SmartHubs" a été réalisé en partenariat avec l’entreprise locale Connected Energy. Située dans le West Sussex, cette initiative fait partie des "quatre projets lancés par le gouvernement britannique pour aider à concevoir les systèmes énergétiques du futur", met en avant Renault. Des systèmes de 360 kilowattheures seront installés sur des sites industriels et commerciaux et reliés notamment à des panneaux solaires pour optimiser l’utilisation des énergies renouvelables.

Un complexe de 1 000 batteries de seconde vie, issues des modèles utilitaires électriques Renault Kangoo, devrait voir le jour au sein de ce projet. Il devrait permettre de stocker 14,5 mégawattheures d’énergie et équilibrer le réseau électrique. D’après le constructeur automobile, ce système devrait à lui seul être capable de "[stocker] suffisamment d'énergie pour alimenter 1 695 foyers moyens pendant une journée entière".

Lors d’une conférence en ligne organisée le 21 octobre, Christophe Dudezert, en charge du programme "Energy services" de Renault, estime que ces initiatives visent à "améliorer la mise en œuvre d’énergies renouvelables", mais également "utiliser la valeur résiduelle des batteries dans des systèmes différents de l’automobile, et rallonger leur cycle de vie". "Si l’on peut donner 7 à 10 ans de vie à une batterie, on double sa valeur", confirme le dirigeant de Connected Energy, Matthew Lumsden.

Ecosystème à Porto Santo

Deux nouveaux projets qui viennent s’ajouter à une longue liste d’expérimentations de la part de Renault dans le domaine de la seconde vie des batteries et du stockage d’énergie. En 2019, le groupe a annoncé que quelques-unes de ses batteries reconditionnées équiperaient un bateau exploité par Seine Alliance pour effectuer de petites croisières d’environ deux heures dans Paris, pour un équipage de deux à huit personnes.

Mais surtout, le constructeur travaille sur le projet "Smart Fossil Free Island" de l’île portugaise de Porto Santo. L’archipel veut faire passer la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité de 15% en 2018 à 85% au cours des années à venir. Pour contribuer à cet objectif, des batteries bénéficient d’une seconde vie en usage stationnaire sur l’île, afin de régler là encore le problème de l’intermittence des énergies renouvelables.

En plus d’exploiter les vertus de ses batteries en stationnaire, Renault mise sur l’interaction avec le réseau électrique des Zoé et Kangoo électriques. Connectée à l’une des 40 bornes disponibles, chaque voiture a la capacité de se charger intelligemment. Une logique poussée un cran plus loin avec l’introduction sur l’île de deux véhicules dotés d’un système de recharge bidirectionnelle. Les Zoé ainsi équipées sont alors capables de réinjecter de l’électricité dans le réseau lorsque c’est nécessaire.

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