C'est fait. Valeo fera cavalier seul dans les moteurs électriques. Comme attendu, l'équipementier automobile français a annoncé mercredi 9 février au soir un accord avec le groupe allemand Siemens pour lui racheter ses parts dans leur coentreprise commune de moteurs électriques pour 277 millions d'euros. De quoi permettre au groupe qui a récemment nommé Christophe Périllat au poste de directeur général de se renforcer dans les métiers de l'électrification des voitures.
Depuis la création en 2016 de la co-entreprise Valeo Siemens eAutomotive, Valeo avait le droit au bout de cinq ans de racheter les 50% de son partenaire, et Siemens celui de vendre ses parts. « C'est un pas important vers la création d'un Valeo plus fort », a expliqué Christophe Périllat.« (Avec l')intégration de Valeo Siemens sous un toit commun, sous le toit de Valeo, c'est la création d'un vrai champion de l'électrification », a-t-il ajouté au cours d'une téléconférence de presse.
Intégration en milieu d'année
Cette intégration est prévue à partir du 1er juillet. Le groupe français regroupe ainsi l'intégralité des activités de moteurs, onduleurs et chargeurs haute tension de la coentreprise, destinés aux véhicules électriques et hybrides rechargeables, avec ses autres systèmes d'hybridation basse tension. Le pôle "Système de propulsion" de Valeo, jusqu'ici deuxième métier du groupe derrière les systèmes de visibilité (éclairage et essuie glace), pourrait, ainsi étoffé, devenir rapidement la première activité du groupe.
Alors que le chiffre d'affaires proforma de l'entité s'élevait à 5,4 milliards d'euros en 2021, il pourrait atteindre 8,5 milliards d'euros en 2025 et dépasser 11 milliards en 2030, a ajouté Christophe Périllat, soit un doublement par rapport à l'an dernier en raison de la forte demande en véhicules électrifiés anticipée sur la décennie. Valeo, qui publiera l'ensemble de ses résultats annuels le 25 février, a précisé que le montant de l'acquisition serait financé par la trésorerie disponible et, qu'au plan comptable, son endettement net augmenterait de 741 millions d'euros.
Partenariat avec Renault
Dans la foulée, Renault a annoncé avoir signé avec Valeo et sa coentreprise un memorandum of understanding en vue de nouer un partenariat stratégique pour la conception, le co-développement et la production en France d'un moteur électrique sans terres rares. Le groupe automobile au Losange travaillera sur la partie sur la partie rotor de ce futur moteur synchrone à excitation électrique, tandis que Valeo et Valeo Siemens eAutomotive seront chargés du stator.
Dans un communiqué publié jeudi 10 février, Renault prévoit que les trois entités seront « les premiers acteurs à produire à grande échelle un moteur électrique de 200kW conçu sans terres rares et ce, dès 2027 ». Renault basera la production de ce futur moteur pour ses propres besoins dans son usine historique de Cléon (Seine-Maritime), qui s'est depuis longtemps engagée dans la transition vers le moteur électrique.
Avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Jean Terzian)


