152 travailleurs mis à la porte. Selon le média italien l’Internazionale, l’usine Selezione, située à Brasov (Roumanie) et qui produisait des chaussures pour des maisons de luxe, notamment Christian Dior (LVMH), Gucci (Kering), et Tod’s a dû fermer faute de commandes. Clean Clothes Campaign, une union d’ONG internationales qui défend les droits des travailleurs du textile, rapporte que cela s’est déroulé en décembre 2023. Une première salve de licenciements de 78 salariés avait déjà eu lieu janvier 2023, selon média roumain Ziarul Financiar.
Augmentation du salaire minimum
Selon Daniel Nastase, président d’Uniconf, syndicat roumain des travailleurs de la mode, cité par l’Internazionale, les conditions de production en Roumanie sont devenues moins avantageuses. Il y a quelques années, des centaines d’usines ont ouvert dans le pays, pour bénéficier d’un certain savoir-faire, d’une proximité avec l’Italie, et d’une main d’œuvre bon marché. Mais cette dernière tend à devenir de plus en plus chère : En juillet 2024, le salaire minimum a été porté à 3 700 lei, soit à peu près 740 euros bruts. Enfin, la hausse des coûts de transport et les problèmes éventuels lors du passage des marchandises à la douane décourageraient aussi les marques de luxe à choisir la Roumanie.
L’article fait également état de conditions de travail difficiles, d'heures de travail supplémentaires non rémunérées et d'un taux de syndicalisation inférieur à 5%, et ce dans tout le secteur. «Les représentants des salariés sont nommés par les directions des usines», indique Laura Stefanut, fondatrice de Haine curate, ONG roumaine qui fait partie de la Clean Clothes Campaign, à L’Usine Nouvelle.
Dior se défend de toute irrégularité
D’après l’Internazionale, ni Gucci, ni Dior, ni Tod’s n’ont versé d’indemnisation aux salariés de Selezione. Seule à avoir répondu au média italien, la maison Christian Dior confirme à L'Usine Nouvelle avoir «mené une enquête interne». Elle indique que «L'audit a confirmé que le fournisseur italien de Dior, en ce qui concerne la société roumaine Selezione, s'est conformé aux réglementations locales, réaffirmant ainsi [son] engagement à garantir des pratiques éthiques et légales tout au long de [sa] chaîne d'approvisionnement.» Si les salariés de Selezione n’ont pas perçu d’indemnisation, «la plupart d’entre eux ont retrouvé un emploi», a souligné Laura Stefanut à L’Usine Nouvelle.



