C’est un coup de semonce pour Vencorex et, par extension, pour l’ensemble de la plateforme chimique de Pont-de-Claix (Isère), près de Grenoble. Placée en redressement judiciaire depuis septembre, l’entreprise détenue par le groupe thaïlandais PTT Global Chemical attendait de pied ferme les offres de potentiels repreneurs.
Un seul dossier de reprise n’a été déposé à l’échéance de la procédure, le lundi 21 octobre. Il émane de BorsodChem, une filiale du groupe chinois Wanhua, un concurrent de Vencorex en partie responsable de ses déboires, avec des produits vendus 30% moins chers.
De surcroît, il n’envisage de reprendre que 25 salariés de l’atelier de tolonates (des éléments chimiques nécessaires à la fabrication de peintures et de vernis) sur les 450 présents sur le site. Une véritable douche froide. «Les salariés ont le sentiment d’avoir été abandonnés par leurs clients et fournisseurs, pour la plupart des industriels français ou européens», déplore dans un communiqué la branche chimie énergie du syndicat FCE-CFDT, qui faisait pourtant état de visites d’industriels ces derniers jours.
La crainte d’un effet domino
En tant que principale usine de la plateforme chimique de Pont-de-Claix et de celle de Jarrie, la commune voisine, Vencorex travaille sur place avec des acteurs comme Air Liquide, Seqens ou Arkema, qui se fournit notamment en sel pour concevoir du chlore liquide. «Où sont les industriels dans cette région et dans ce pays ? Et où est le gouvernement», tonne Christophe Ferrari, le président de la métropole grenobloise, par ailleurs maire de Pont-de-Claix. Avec la crainte d’un effet domino pour tout cet écosystème.
Réunis en assemblée générale ce mercredi, les salariés de Vencorex ont voté à main levée une grève illimitée ainsi qu’un blocage de l’ensemble de la plateforme chimique. Contactée par L’Usine Nouvelle, Carole Fruit, la secrétaire générale CFDT Chimie Energie Drôme Ardèche Isère, informe que ceux d’Arkema, sur le site de Jarrie, s’apprêtent à faire de même. Sans une reprise de la partie sel de Vencorex, leur activité est directement menacée. Des échanges avec le Ministère de l’Industrie ont eu lieu pour tenter de trouver une issue à ce dossier potentiellement explosif.



