Un bracelet stimulateur de la production d’endorphines pour soulager des douleurs chroniques. Remedee Labs, start-up basée à Grenoble (Isère), a obtenu le statut de dispositif médical courant septembre pour sa solution de traitement des symptômes de la fibromyalgie. Cette maladie, qui toucherait entre 1,4% et 2,2% de la population française selon l’Inserm, est une forme de douleur chronique diffuse. Les autres symptômes, pouvant être liés à ces douleurs chroniques, sont la fatigue, les troubles du sommeil et de l’humeur et les troubles cognitifs.
Stimulation des terminaisons nerveuses du poignet
Ce sont des travaux menés par l’armée française qui ont donné l’idée à David Crouzier de se lancer dans ce projet. Plus particulièrement des recherches visant à mettre au point un système de dispersion de foule via l’émission d’un rayonnement électromagnétique engendrant des sensations de douleur. «Ces mêmes rayonnements peuvent être utilisés pour la prise en charge de la douleur en stimulant la sécrétion d’endorphines, un antalgique naturel», explique le cofondateur de Remedee Labs.
Dans un premier temps, la start-up fondée en 2016 s’est renseignée sur les douleurs et leurs prises en charge. Certaines douleurs chroniques, comme celles de la fibromyalgie, peuvent venir d’un dérèglement du cerveau. Ce sont sur celles-ci que se concentre la jeune pousse. Après deux années de développement, Remedee Labs est parvenue à mettre au point un stimulateur de production d’endorphines à partir d’ondes millimétriques (60 GHz).
Le dispositif prend la forme d’un bracelet qui stimule les terminaisons nerveuses du poignet et, en réponse, le cerveau libère des endorphines régulant la perception de la douleur. David Crouzier l’assure : «la solution est efficace pour la fibromyalgie et l’arthrose». Suite à des essais visant à démontrer son efficacité, Remedee Labs a obtenu un premier marquage CE médical pour la fibromyalgie et l’attend pour l’arthrose.
Développement de sa propre puce
Pour mettre au point son système d’ondes millimétriques, Remedee Labs a développé une puce dédiée – en partenariat avec le laboratoire de recherche du CEA Grenoble et le spécialiste des puces STMicroelectronics – ainsi qu’une antenne spécifique. «Habituellement, les antennes sont conçues pour porter le rayonnement le plus loin possible, justifie David Crouzier, alors que nous avons une distance très proche entre le dispositif et la peau qui doit absorber un maximum de ces ondes.» Ces dernières stimulent les terminaisons nerveuses périphériques qui agissent sur la neurostimulation centrale générant des endorphines.
Le bracelet, à recharger après chaque utilisation, «doit être utilisé trois fois par jour durant 30 minutes et les premiers bénéfices sont visibles au bout de trois à quatre semaines», détaille l'entrepreneur. L’amélioration du sommeil et de l’humeur sont les premiers effets observés, suivis de la baisse de la douleur. Seule contre-indication selon le cofondateur : «les personnes avec un tatouage ou du matériel métallique dans le poignet ne peuvent pas utiliser ce bracelet». En complément du dispositif, Remedee Labs propose une application pour obtenir des conseils et suivre l’évolution des symptômes, ainsi qu’un accompagnement humain.
Déjà plusieurs milliers d'utilisateurs
Forte d’une trentaine de salariés, Remedee Labs en est déjà à la troisième itération de son bracelet, qui est assemblé à Taïwan mais dont la puce reste fabriquée à Grenoble. Avant l’obtention du statut de dispositif médical, la start-up commercialisait déjà ce dispositif dans le cadre d’une approche bien-être au prix de 40 euros par mois sans durée d’engagement. David Crouzier ajoute avoir «plusieurs milliers d’utilisateurs». Mais le prix va évoluer selon les discussions menées avec la sécurité sociale et les mutuelles quant à la prise en charge du dispositif.
Pour les aider dans la mise sur le marché, les trois cofondateurs historiques – David Crouzier, Jacques Husser et Michael Foerster – ont été rejoints récemment par Gilles Litman, ancien vice-président de la division santé numérique de Sanofi. Remedee Labs vise une rentabilité à horizon 2027… lorsque le remboursement du dispositif sera pris en charge. Une étape importante pour la start-up.



