Un budget des armées record en 2023 taillé pour «l’économie de guerre»

La modernisation, le renforcement et la maintenance des systèmes d’armes au bénéfice des trois armées ainsi que le recrutement de 1500 militaires et civils expliquent la forte hausse du budget de défense français à 43,9 milliards d’euros en 2023. 

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Rafale opération Pegase
Qui sont les industriels qui bénéficieront des commandes en 2023 ? D’abord Dassault Aviation avec un contrat attendu pour 42 appareils, Airbus Helicopters pour 22 hélicos dit de manœuvre, MBDA pour un lot de missiles de moyenne portée et un lot de missiles embarqués sur frégate…

L’argent promis pour moderniser les armées est bien au rendez-vous. Le projet de loi de finances 2023 prévoit un budget record de la défense de 43,9 milliards d’euros, soit une augmentation de l’ordre 3 milliards par rapport à l’année précédente. L'effort est considérable sachant que depuis 2019, les crédits militaires ont déjà augmenté chaque année de 1,7 milliard d’euros. 

La guerre en Ukraine explique-t-elle à elle seule cette hausse inédite ? Paradoxalement non. Cette augmentation est conforme à la progression prévue par la loi de programmation militaire 2019-2025. Ce qui est inédit, c’est plutôt qu’une telle loi qui définit les crédits militaires de manière pluriannuelle, soit respectée. Durant les décennies des «dividendes de la paix» suite à la chute du mur de Berlin, le budget de la Défense avait servi de variable d’ajustement pour le budget de l’Etat. A tel point qu’il a fallu renverser la vapeur pour mettre un terme à l’érosion avancée des capacités militaires et atteindre les 2% de PIB dédiés au budget de défense en conformité avec les critères de l’OTAN.

Mobiliser les industriels de l'armement

Au-delà d’avoir pris conscience de la nécessité de faire monter en puissance l’outil militaire, on estime, au ministère des Armées, avoir également anticipé le développement de conflits de haute intensité: «Nous n’avons pas attendu l’Ukraine pour mettre des moyens supplémentaires et "réparer" les armées afin de faire face au retour de conflits du type ukrainien».

Ce budget répond tout de même à l’appel du président de la République de basculer dans une économie de guerre.  «L’économie de guerre vise à mobiliser toute la BITD (base industrielle et technologique de défense française, ndlr) pour pouvoir avoir plus vite les matériels, les munitions, les rechanges, la maintenance  dont les armées ont besoin», souligne-t-on dans l’entourage du ministre des Armées. Le ministère va ainsi réaliser un effort très important dans le renouvellement de stock des munitions. Il commandera pour plus de 2 milliards d’euros de munitions dont 1 milliard d’euros de paiement en 2023. Les premiers lots de bombes de forte puissance (1 tonne) issues de la filière française seront ainsi livrés l'an prochain.

Les armes et des munitions pour soutenir l’Ukraine seront remplacés. Ainsi les 18 canons Caesar cédés ont fait l'objet d'une nouvelle commande auprès du fabricant Nexter Systems. Par ailleurs, le ministère veut s’assurer plus que jamais que le matériel fonctionne et soit disponible aussi bien en opérations qu’à des fins d’entraînement: 5 milliards d’euros seront consacrés à la maintenance des équipements militaires.

Priorité aux équipements

Que vont faire les armées avec ces moyens supplémentaires? Il s’agit avant tout de moderniser les forces. «Plus de la moitié des montants porte sur les équipements militaires», précise le ministère des Armées. Soit 25,6 milliards d’euros. Que ce soit pour des acquisitions mais également pour le développement et l’innovation (1 milliard). Le second poste de dépense est celui de la masse salariale (hors pension), soit près de 13 milliards. Ce budget permettra le recrutement de 29 700 personnels dont 1500 créations de postes.

Les armées vont recevoir du nouveau matériel en quantité. Les livraisons de Rafale vont reprendre après des années d’interruption, avec 13 appareils à livrer. La Marine va recevoir un deuxième exemplaire de sous-marin nucléaire d’attaque de type Barracuda, le Duguay-Trouin. L’armée de Terre va être équipée de 264 véhicules blindés légers. Les commandes repartent également à la hausse avec un budget qui dépasse les 50 milliards d’euros. Qui sont les industriels qui en bénéficieront ? D’abord Dassault Aviation avec un contrat attendu pour 42 appareils, Airbus Helicopters pour 22 hélicos dit de manœuvre, MBDA pour un lot de missiles de moyenne portée et un lot de missiles embarqués sur frégate…

Le gouvernement a d’ores et déjà fait savoir que l’effort budgétaire au profit des armées allait se poursuivre. Il prépare une nouvelle loi de programmation militaire 2024-2030, qui doit être présentée au Parlement en 2023.

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