Après maintes tergiversations, TSMC cède enfin aux pressions de l’administration Trump. Le fondeur taïwanais des semi-conducteurs, numéro un mondial des services de fabrication de puces électroniques, accepte de construire, aux Etats-Unis, une usine avancée de circuits intégrés de 300 mm. L’investissement total atteint la bagatelle des 12 milliards de dollars de 2021 à 2029. L’Etat fédéral et l’Etat de l’Arizona, où l’usine sera implantée, contribueront au projet.
Un projet stratégique et critique
TSMC dispose outre-Atlantique d’une usine de 200 mm près de Portland, dans l’Etat de Washington. Mais elle met en œuvre des technologies de gravure de 0,16 à 0,35 microns pour des composants spécialisés. La prochaine usine sera l’une des plus avancées du groupe et dans le monde. Elle offrira la prochaine technologie de 5 nanomètres que TSMC prévoit de mettre, cette année, en production de volume, notamment pour le processeur de la prochaine génération d’iPhone d’Apple. Elle aura une capacité de 20 000 plaquettes de 300 mm par mois. Les travaux de construction vont démarrer en 2021 pour une mise en service prévue au courant de l’année 2024.
"Ce projet aux États-Unis nous permet non seulement de mieux soutenir nos clients et nos partenaires, mais nous donne également plus de possibilités d'attirer des talents mondiaux, explique l’entreprise dans son communiqué. Il revêt une importance stratégique et critique pour un écosystème de semi-conducteurs américain dynamique et compétitif qui permet aux grandes entreprises américaines de faire fabriquer leurs semi-conducteurs de pointe aux États-Unis et de bénéficier de la proximité d'une fonderie et d'un écosystème à la pointe. "

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Avec un chiffre d’affaires de 34,6 milliards de dollars en 2019, TSMC s’impose comme le roi incontesté des services de fonderie de puces électroniques, avec plus de 50 % du marché mondial selon le cabinet TrendForce, loin devant Samsung, GlobalFoundries, UMC ou SMIC. Il est également considéré comme le fabricant le plus avancé dans les technologies de production, devant Intel et Samsung, pourtant numéros un et deux des semi-conducteurs dans le monde en 2019. Il joue un rôle clé dans l’écosystème électronique mondial, en fabriquant les produits d’un grand nombre de fournisseurs de puces.
Apple, plus gros client de TSMC
Ses clients américains représentent 60 % de son chiffre d’affaires en 2019, loin devant les Chinois (20 %). Parmi eux figurent des grands noms comme Qualcomm, Broadcom, AMD, Nvidia ou encore Xilinx. Il fabrique aussi tous les processeurs d’Apple au cœur des iPhone et iPad. Apple est devenu d'ailleurs son plus grand client avec 23 % de son chiffre d’affaires en 2019 selon le cabinet IC Insights.
Cette dépendance inquiète au plus haut point l’administration Trump. D’autant que TSMC fabrique aussi les circuits chinois les plus avancés, dont ceux de Huawei, la bête noire de Washington, vue comme une grande menace pour la sécurité des Etats-Unis. C’est pourquoi Donald Trump faisait pression sur TSMC pour une relocalisation des composants américains au prétexte que certains sont utilisés dans des applications sensibles comme le spatial, l’aéronautique, le médical, le nucléaire ou la défense. Une demande longtemps repoussée par la direction de TSMC au motif de surcoûts inacceptables qu’entraînerait une fabrication sur le sol américain.
Le contexte s’est durci avec l’embargo décrété par les Etats-Unis contre Huawei en mai 2019. Pour asphyxier son ennemi chinois des télécoms, l’administration faisait pression sur TSMC pour qu’il arrête de fabriquer ses circuits, du moins dans les technologies les plus avancées, avec la menace de lui couper l’accès aux équipements américains de production clés comme ceux d’Applied Materials, Lam Research ou KLA. Une demande difficile à accepter alors que Huawei est devenu le deuxième plus gros client du fondeur taiwanais avec 14 % de son chiffre d’affaires en 2019 selon IC Insights.
Avoir la paix avec l'administration Trump
En acceptant, contre son gré, d’ouvrir une usine parmi les plus avancées au monde aux Etats-Unis, TSMC espère ainsi garantir la paix avec l’administration Trump en répondant à ses préoccupations de sécurité. Les pressions similaires sur Foxconn, le grand sous-traitant d’Apple auquel Donald Trump demandait la localisation aux Etats-Unis de l’assemblage des iPhone, ont fonctionné. Le géant taïwanais de la sous-traitance a accepté de construire une usine d’écrans LCD dans l’Etat du Wisconsin. Une façon aussi pour lui d'attirer les grâces du président américain.



