Huawei se hisse dans le Top 10 mondial des puces, un camouflet pour Trump

Via HiSilicon, son bras armé dans les semi-conducteurs, Huawei fait son entrée fracassante dans le Top 10 mondial des industriels des puces selon le cabinet IC Insights. Il est le premier acteur chinois à se hisser parmi les dix plus gros mondiaux dans ce secteur. Un résultat qui sonne comme un camouflet pour l’administration Trump.

 

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Huawei Kirin 970
Puce Kirin au coeur des smartphones vedettes de Huawei développée en interne

Un acteur fait une irruption tout aussi inattendue qu’impromptue dans le Top 10 mondial des industriels des puces électroniques : Huawei. Le géant chinois de la high-tech, numéro un mondial des équipements télécoms et numéro deux des smartphones derrière Samsung, le fait indirectement via HiSilicon, son bras armé dans les semi-conducteurs.

Quatrième société flabless de puces dans le monde

Selon le cabinet IC Insights, cette société se hisse à la dixième place mondiale au premier trimestre 2020, alors qu’elle pointait à la quinzième un an auparavant. Son activité est estimée à 2,67 milliards de dollars au premier trimestre 2020, en bond de 54 % par rapport au premier trimestre 2019, alors que l'ensemble du marché n'a progressé que de 7 %. HiSilicon s’impose ainsi comme la quatrième société « fabless » de puces dans le monde, derrière les sociétés américaines Broadcom, Qualcomm et Nvidia.

C’est la première fois qu’un acteur chinois figure dans le Top 10 mondial d’IC Insights qui classe les dix premiers acteurs dans les semi-conducteurs dans le monde par le chiffre d’affaires et ce, qu’ils soient des industriels intégrés comme Intel, des sociétés fabless comme Broadcom ou des fondeurs prestataires de services de fabrication comme TSMC. Une irruption de nature à avoir un grand impact sur les rapports de force entre les Etats-Unis et la Chine dans ce secteur, objet d’une grande bataille stratégique entre les deux super puissances économiques.

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Une activité captive à 90 %

HiSilicon opère selon un modèle « fabless », se contentant de concevoir ses puces puis d’en confier la fabrication à des fondeurs de semi-conducteurs comme le taïwanais TSMC ou le chinois SMIC. Sa montée en puissance en fait le deuxième plus gros client de TSMC après Apple, avec 14 % du chiffre d’affaires en 2019, contre 8 % en 2018 et 5 % en 2017 selon IC Insights. Plus de 90 % de la valeur de son activité est dédiée au marché captif de sa maison-mère Huawei.

Il faut voir dans ce résultat l’impact de l’embargo américain qui frappe Huawei depuis mai 2019. Privé de puces américaines vitales à ses smartphones, ses PC, ses serveurs ou encore ses équipements de réseaux, le champion chinois de la high-tech a donné un coup d’accélérateur à l’activité de HiSilicon avec l’objectif à terme de se libérer complètement des fournisseurs yankees. Son entrée fracassante dans le Top 10 mondial a de quoi contrarier l’administration Trump qui cherche par tous les moyens à asphyxier Huawei.

Pressions de Trump sur TSMC

Cela risque d’inciter Trump à accroître sa pression sur TSMC pour qu’il cesse ses services de fabrications de puces à HiSilicon dans les technologies les plus avancées de 14 nanomètres et moins, au motif qu’elles font appel à des équipements de production américains clés en provenance d’Applied Materials, Lam Research ou KLA. Une manœuvre que Huawei est en train d’anticiper en transférant des commandes de fabrication chez le fondeur chinois SMIC.

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