Lunii a toujours voulu produire en France. Mais à son lancement, en 2014, la start-up créatrice du jouet «Ma fabrique à histoires» n’en avait pas les moyens. «Rien qu’en R&D industrielle, il nous aurait fallu investir plusieurs centaines de milliers d’euros», se souvient Maëlle Chassard, sa cofondatrice. Lunii lance donc la production de son produit interactif et connecté en Chine, tout en se promettant de relocaliser dès que possible. Six ans plus tard, avec un chiffre d’affaires supérieur à 16 millions d’euros, c’est chose faite. Depuis juillet 2020, la production a lieu dans l’usine d’un nouveau partenaire, BMS Circuits, près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).
La nouvelle «Fabrique à histoires» de Lunii
Nous avons complètement redessiné la carte électronique de la boîte
— Maëlle Chassard, cofondatrice de Lunii
La relocalisation a pris un an et demi et représenté un investissement de près de 1 million d’euros, avec la création d’un poste dédié chez Lunii. La ligne de fabrication automatisée dans l’usine de BMS Circuits, composée de machines sur mesure, a coûté près de 600 000 euros ; le nouveau design du produit, confié au bureau d’études Kickmaker, 250 000 euros. «Nous avons complètement redessiné la carte électronique de la boîte, modifié ses composants et leur emplacement et réduit leur nombre», détaille Maëlle Chassard. En rognant un peu sur sa marge, Lunii a maintenu son prix de vente. Pour le choix du partenaire industriel, la start-up a mis en concurrence plusieurs sites français et européens.

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«Le pré-cahier des charges de BMS Circuits correspondait au nôtre et nous permettait d’atteindre les coûts de fabrication les plus bas», justifie la dirigeante, qui reconnaît être «en veille continue pour trouver d’autres fournisseurs de composants électroniques» et pour atteindre un 100% made in France, contre 80% actuellement.
Le casque antibruit d'Orosound
Orosound est lui aussi un acteur de cette reconnaissance du savoir-faire français en électronique. La start-up a choisi, en juillet 2020, de localiser en France la production de son casque antibruit, fabriqué dans les usines du sous-traitant Asica, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Un changement de stratégie alors que ses écouteurs, lancés en 2018, sont fabriqués à Shenzhen, en Chine. «Nous sommes sur un marché B to B, précise Pierre Guiu, le cofondateur du spécialiste de l’audio professionnel. Lorsque nous présentions notre premier produit aux clients, la première chose qu’ils nous demandaient est : où est-il fabriqué ? Quand nous leur disions qu’il était fait en Chine, nous sentions une certaine déception. Sur notre marché, il y a une attente de produits made in France, avec une valeur perçue plus importante.»
Les éclairages LED de Lucibel
C’est en 2014 que Lucibel a décidé de rapatrier la production de ses éclairages LED. Les motivations de cette PME fondée en 2008 : réduire les délais de livraison, gagner en réactivité, augmenter la qualité de ses produits et protéger la propriété intellectuelle de ses innovations après avoir vécu le vol de technologies. Six ans plus tard, si cette entreprise cotée doit toujours démontrer sa capacité à générer du résultat, elle constate l’adoption de ses produits et la montée en puissance de son site industriel de 12 400 mètres carrés à Barentin (Seine-Maritime). Preuve que la fabrication française est possible, même si elle n’est que l’un des éléments de la stratégie d’une entreprise.



