Toujours pas de risque de rupture de paracétamol, affirment UPSA et Sanofi

La distribution des médicaments à base de paracétamol continue, depuis juillet, d’être limitée en raison de tensions d’approvisionnement. En France, les deux producteurs, Sanofi et UPSA, assurent qu’il n’y a pas de problème opérationnel de production.

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Les boîtes de médicaments à base de paracétamol sont limitées actuellement à la dispensation en pharmacie, en raison de tensions d'approvisionnement. Ce qui serait plus un effet de la demande. Les producteurs Sanofi et UPSA réfutent toute difficulté opérationnelle.

Dafalgan, Efferalgan et Doliprane ne sont actuellement pas dispensés en pharmacie à volonté. Des tensions d’approvisionnement sur toutes les formes orales et suppositoires sont recensées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) depuis le 23 septembre, entraînant un contingentement quantitatif. C’est-à-dire que le « nombre maximum de boîtes livrées périodiquement par les fabricants aux pharmacies est limité de manière à assurer une distribution continue et équitable des stocks disponibles », détaille l’ANSM sur son site internet.

L'agence a appelé le 19 octobre à limiter les tensions d’approvisionnement observées sur les médicaments à base de paracétamol. Ce qui est forcément inquiétant à l’heure où les traditionnelles pathologies automnales et hivernales ressurgissent et qu’une nouvelle vague de Covid-19 semble se profiler. En juillet, l’agence avait déjà alerté sur d’éventuels risques de rupture lors de l’été. Pourtant, sur le plan industriel, comme à l’été 2021, il n’y a pas d’inquiétude particulière selon les deux producteurs en France, UPSA et Sanofi.

Des usines de Sanofi et d’UPSA sans difficulté opérationnelle de production

Du côté du premier, qui produit à Agen et Passage d’Agen, dans le Lot-et-Garonne, « il n’y a pas de risque de rupture sur nos références Dafalgan et Efferalgan chez l’adulte », assure Laure Lechertier, directrice de l’accès au marché d’UPSA. Elle précise que le laboratoire dispose « de stocks qui nous permettent de continuer à livrer les grossistes, les officines et les hôpitaux. En officine, nous avons d’ailleurs plus d’un mois de stock sur l’ensemble des références chez l’adulte ».

Chez Sanofi non plus, rien d’inquiétant affirme-t-on du côté de la direction. «Toutes les équipes des deux sites de production, à Lisieux (Calvados) et Compiègne (Oise), ainsi que nos sites de distribution sont mobilisés pour répondre au mieux aux besoins des patients et à la demande », indique un porte-parole du groupe. Ajoutant que toutes les formes de la gamme Doliprane restent « ouvertes à la commande pour servir les pharmaciens et les patients ». De ce fait, les tensions évoquées par l’ANSM seraient plus une conséquence de la forte demande actuelle de médicaments à base de paracétamol.

UPSA fait face à une inflation de plus de 20%

Sur le plan de la production, UPSA soulève toutefois une difficulté majeure sur les coûts actuels de fabrication, conséquence de l’inflation des prix des matières premières et des matériaux de conditionnement, comme l’aluminium, le plastique ou le carton. Laure Lechertier parle d’une inflation qui «représente plus de 20% pour UPSA, ce sont des millions d’euros, or nous ne pouvons pas répercuter ce prix sur nos produits puisque ces prix sont fixes», ce qui «met en danger notre viabilité économique en France et notre capacité de production qui se fait à 100% dans le Lot-et-Garonne». Face à cette situation, UPSA a «entamé des discussions avec le CEPS [comité économique des produits de santé, qui fixe les prix, ndlr] pour pouvoir augmenter nos prix, ce qui est envisageable depuis une modification de l’accord cadre LEEM-CEPS depuis mars 2021 lorsqu’une entreprise fait état d’un risque pouvant impacter la production de  médicaments essentiels», commente encore Laure Lechertier.

Actuellement en France, l'ensemble des producteurs pharmaceutiques sont confrontés à l'inflation et à la crise énergétique. Récemment, le Leem évoquait un impact de l'ordre de 25%.

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