Dafalgan, Efferalgan et Doliprane sont-ils menacés de ruptures d’approvisionnement en France cet été, en pleine 7e vague de Covid-19? L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a tiré une petite sonnette d’alarme, le 12 juillet, évoquant dans un communiqué des « difficultés d’approvisionnement temporaires ». L’agence parle plus précisément de « retards d’approvisionnement des formes orales et des suppositoires de paracétamol », de « difficultés de production » et d’un retour à la normale « à l’issue de la période estivale ». Des mesures ont même été annoncées pour sécuriser l’accès de ces médicaments en ville, car selon l’ANSM, « l’approvisionnement des hôpitaux en paracétamol (toutes formes) est assuré ».
La mesure phare est une interdiction temporaire de l’exportation de ces antalgiques par les grossistes-répartiteurs, un des maillons essentiels dans la distribution des médicaments sur le territoire. L’ANSM impose aussi un « contingentement quantitatif par les laboratoires au niveau de la vente aux grossistes-répartiteurs et de la vente directe aux officines » et demande une répartition équitable des approvisionnements sur le territoire. L’agence demande enfin aux pharmaciens de « limiter leurs commandes et de réguler les quantités dispensées ».
Pas de risque d'arrêt des productions de Sanofi à Lisieux et Compiègne ni d'Upsa à Agen
Les deux industriels produisant ces médicaments en France, Upsa et Sanofi, assurent pourtant qu’il n’y a aucun risque de rupture sur leurs productions de paracétamol cet été. Techniquement, la France – comme l’Europe - ne dispose plus de site de production de paracétamol, le principe actif de ces antalgiques essentiels. Seqens, spécialiste français de la chimie fine pharmaceutique, devrait mettre en service en 2023 une usine en Isère, dans le cadre d'un investissement de 100 millions d'euros et avec le soutien de France relance et de contrats avec Sanofi et Upsa. Ces deux industriels se fournissent actuellement en Asie ou aux Etats-Unis et procèdent à la formulation et au conditionnement de leurs médicaments en France - Upsa à Agen (Lot-et-Garonne) pour le Dafalgan et l’Efferalgan, et Sanofi à Lisieux (Calvados) et Compiègne (Oise) pour le Doliprane.
Upsa indique pour sa part que ses stocks actuels lui permettent de garantir la disponibilité de ses gammes en pharmacie, à l’hôpital et auprès des grossistes-répartiteurs, avec au moins un mois de stocks rien qu’en pharmacie. Le laboratoire assure par ailleurs que ses unités de production à Agen lui permettent d’être très agile en termes de volume et garantit une « continuité d’accès à ses médicaments». Sanofi réfute aussi tout risque de rupture, assurant une mobilisation maximum actuellement de ses deux sites de production. Selon un porte-parole, il y a « parfois des délais de livraison allongés due à une surconsommation avec la vague Covid en cours », mais il n’y a aujourd’hui « pas de rupture ou de pénurie ».



