Ce n’était au départ qu’une participation minoritaire dans une entreprise innovante, créée en 2008 par un expert du chauffage pour développer le panneau solaire qui produire aussi de la chaleur, ou panneau aérovoltaïque. Puis, Cetih a continué à soutenir financièrement l’entreprise, même après le moratoire sur le solaire, jusqu’à devenir majoritaire en 2018. Le groupe spécialisé dans la porte made in France (1 350 personnes, sept usines en France), qui s’était déjà diversifié dans la fenêtre et la rénovation énergétique, décide alors de développer une quatrième activité, le système énergétique.
L’entreprise investit alors plus de six millions d’euros dans une usine à Carquefou (Loire-Atlantique) qui produit des panneaux photovoltaïques qui stockent aussi la chaleur pour la restituer ultérieurement, comme un chauffe-eau. Destinés plutôt aux particuliers, ils permettent d’arriver "jusqu’à 80 à 85 % d’autoconsommation", avance François Gérin, le PDG du groupe Cetih. Dans les 75 000 m² de l’usine de Carquefou, qui emploie 75 personnes, Systovi produit aussi des panneaux photovoltaïques plus classiques. Elle a une capacité de 80 mégawatts (MW) mais produit plutôt 30 à 40 MW par an. Et même si force est de constater qu’il y a encore "beaucoup de freins à ‘l’autoconsommation en France", François Guérin va réinvestir en 2021 1,5 million d’euros dans l’usine "pour passer à des cellules plus grandes et à des demi-cellules".
Investir dans l'habitat durable
Le dirigeant veut en effet transformer son groupe en entreprise en mission. Il vient d’ailleurs de le doter d’une raison d’être : "S’engager pour une entreprise et un habitat harmonieux, durable et tourné vers l’humain". Depuis plusieurs années, Cetih travaille à améliorer le cadre et les conditions de travail de travail dans ses usines. "On a par exemple féminisé les sites et travaillé l’ergonomie. On ne porte plus rien dans nos usines", se félicite François Guérin.
Le dirigeant cherche aussi à rendre ses activités plus durables, en réduisant son empreinte carbone par deux en dix ans. Pour aller encore plus loin dans la démarche, Systovi a un projet de co-entreprise avec une autre ETI du bâtiment diversifié dans le solaire, Voltec, pour produire 1 GW de panneaux photovoltaïques très bas carbone. Cela représenterait un investissement de 35 millions d’euros. Mais avant de concrétiser le projet, les deux partenaires attendent une réglementation sur le critère carbone dans les projets solaires. Un décret fixant à un maximum de 550 kg de CO2/kWc pour être éligible aux appels d’offres, doit être publié cet été. Pas sûr que cela suffise pour faire la différence face aux panneaux chinois.



