Sortie des énergies fossiles, fin des moteurs thermiques, interdiction de louer des passoires thermiques ou d’effectuer des vols intérieurs pour des trajets pouvant être effectués en train en 2h20, développement du recyclage et de la réparabilité… Le quinquennat d’Emmanuel Macron a marqué une nette accélération des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.
Mais les différentes initiatives – loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), loi climat et résilience, loi d’orientation des mobilités (LOM) – et les moyens financiers alloués – plan de relance, aide au ferroviaire… – ne permettront pas d’atteindre l’objectif de 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2030. Car ces décisions sont bien souvent programmées à long terme, ou insuffisantes, voire symboliques, comme la limitation des vols intérieurs. Le 11 juin 2021, le Conseil d’État a donné neuf mois au gouvernement pour prendre des mesures complémentaires. Et depuis, l’Europe a fixé un autre objectif, la baisse de 55% des émissions de GES au sein de l’UE par rapport à 1990.
Soutenir les mobilités propres
Le 10 janvier 2020, le chef de l’État avait pris, devant les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), « l’engagement que des décisions fortes seront prises ». Et il avait promis que « si à la fin de la convention, vous donnez des textes de loi, je m’engage à ce qu’ils soient présentés au Parlement ou devant les citoyens ». Quelques mois plus tard, le 29 juin, dans les jardins de l’Élysée, il validait quasiment toutes les propositions. En réalité, la loi climat et résilience reprend moins de la moitié des 146 propositions retenues. Et si la France se retrouve sur la trajectoire de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC 2), avec 396 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq) émis en 2020 pour un objectif de 422 Mt CO2 éq/an sur la période 2019-2023, il le doit en grande partie à la pandémie.
En 2020, la baisse était de 9%, mais le premier semestre 2021 enregistrait déjà une hausse de 8%. Les émissions doivent encore diminuer de 80% d’ici à 2050, soit une baisse de 3 à 4% par an au cours des prochaines années. « S’il convient de saluer les efforts entrepris avec notamment la loi climat et résilience, l’objectif de - 40% qui est toujours en place n’est plus à la hauteur des enjeux, prévient Corinne Le Quéré, la présidente du Haut Conseil pour le climat. La France doit renforcer ses engagements au sein du paquet climat européen. La présidence européenne de la France a pour objectif de négocier le Fit for 55 de l’Europe. »
À l’heure du bilan quinquennal, on retiendra les efforts du gouvernement en faveur des mobilités propres (LOM) et les engagements pour le ferroviaire. En dehors de la hausse des investissements pour rénover le réseau, l’État a mis sur la table près de 40 milliards d’euros pour reprendre une bonne partie de la dette de la SNCF : 25 milliards en 2021, 10 milliards en 2022 et 4,7 milliards lors du plan de relance, dont une bonne part pour recapitaliser l’entreprise. Pour la première fois depuis des lustres, sa dette va passer sous les 30 milliards d’euros. Pour doubler les parts du ferroviaire (fret et voyageurs), il faudra faire plus, surtout que le secteur du transport reste le cancre du climat, tout comme l’agriculture, véritable point noir du quinquennat, avec un échec sur la suppression du glyphosate et le retour des néonicotinoïdes.

Vous lisez un article du numéro 3703 de L'Usine Nouvelle - Février 2022



