Stellantis et Foxconn créent une coentreprise pour faire face à la pénurie de semi-conducteurs

Le constructeur automobile Stellantis et le spécialiste taïwanais de la production électronique Foxconn ont annoncé mardi 20 juin la création d’une coentreprise. SiliconAuto doit concevoir et commercialiser des semi-conducteurs spécialement pensés pour l’industrie automobile à partir de 2026.

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Unité de production de Foxconn à Shenzen
Unité de production de Foxconn Technology, à Shenzhen (Chine). Le plus grand sous-traitant électronique au monde ne s'allie pas à Stellantis sans raison : le géant taïwanais cherche à pénétrer le marché automobile électrique.

La pénurie de semi-conducteurs a assez duré pour Stellantis. La production automobile internationale étant toujours lourdement pénalisée par manque de ces composants devenus stratégiques au sein de véhicules truffés d’électronique, le constructeur franco-italo-américain a décidé de prendre le taureau par les cornes. L’entreprise dirigée par Carlos Tavares joint ses forces avec le plus grand sous-traitant électronique au monde, le groupe industriel taïwanais Foxconn Technology (dont le nom officiel est Hon Hai Precision Industry Company Ltd.).

Les deux groupes créent une coentreprise à 50/50, nommée SiliconAuto. Stellantis et Foxconn présentent leur initiative comme une «réponse à la demande croissante de fonctionnalités et modules software, notamment pour les besoins des véhicules électriques». Cette annonce intervient quelques mois après la signature d’un mémorandum d’entente non contraignant entre les deux entreprises, en décembre 2021.

La nouvelle entreprise, dont le siège social sera implanté aux Pays-Bas (à l’instar de Stellantis), sera spécialisée dans «la conception et la commercialisation d’une gamme de semi-conducteurs innovants, destinés à fournir l’industrie automobile, et notamment Stellantis», détaille un communiqué conjoint publié mardi 20 juin. Si fournir d’autres clients automobiles semble être envisagé à terme, l’objectif de SiliconAuto sera d’abord d’approvisionner l’une des trois nouvelles plateformes technologiques de Stellantis, baptisée STLA Brain et dont le lancement est prévu en 2024. Mais les premières livraisons de semi-conducteurs de SiliconAuto ne sont pour autant prévues qu’«à partir de 2026». Contacté par L’Usine Nouvelle, Stellantis n’était pas directement en mesure de détailler un montant indicatif d’investissement et les modalités de développement et de production des futurs produits (lieu de conception et de production, type de puces, leadership et nombre d’employés envisagés).

Les difficultés d'approvisionnement perdurent

«Grâce à cette coentreprise, nous pouvons créer des innovations spécifiques dans le cadre d’un partenariat efficace», assure Ned Curic, directeur de la technologie de Stellantis, cité dans le communiqué. L’équipe de management comprendra des cadres issus des deux sociétés fondatrices. Foxconn, qui ne cache pas ses velléités de s'implanter dans le paysage automobile, mettra ses capacités de développement, sa «solide» chaîne d’approvisionnement et son expertise du secteur des puces au service de la nouvelle entreprise. De son côté, Stellantis apportera à SiliconAuto «son expertise en matière de développement et de mise à disposition des capacités nécessaires aux futurs véhicules électriques et plateformes de véhicules multi-énergies».

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Stellantis n’est pas le premier constructeur automobile a vouloir reprendre la main sur son approvisionnement en semi-conducteurs. Comme la plupart des acteurs du secteur, Stellantis s’est mis en difficulté et a fragilisé son approvisionnement en puces lorsqu’il a fermé ses usines en pleine crise du Covid-19 et décidé de suspendre ses livraisons de semi-conducteurs auprès de ses sous-traitants au cours de l’année 2020. Depuis, l’entreprise n’a pas réussi à retrouver les niveaux de livraisons d’avant-crise. En novembre 2022, l'entreprise a conclu un protocole d'accord avec l'allemand Infineon afin de garantir un accès stable aux puces en carbure de silicium pour équiper ses futurs véhicules électriques.

Alors que la pénurie s’éternise, les constructeurs cherchent la parade. Certains tentent de concevoir en interne leurs semi-conducteurs, dont ils sous-traitent ensuite la production auprès de fondeurs de puces. C’est, par exemple, la stratégie adoptée par Tesla, dont les puces de dernière génération sont dessinées en interne et ensuite fabriquées par le géant sud-coréen Samsung.

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