Foxconn veut faire de 2022 l’année d’accélération de sa diversification dans les véhicules électriques. Le géant taïwanais, qui compte près de 900 000 salariés dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 192 milliards d’euros en 2021, se présente aujourd'hui comme un sous-traitant électronique. Il est connu comme le principal assembleur des produits d’Apple, un client qui lui rapporte environ 55% de ses revenus. Mais le voilà désormais en course dans l’assemblage des véhicules électriques, avec un modèle éprouvé dans les smartphones.
L’objectif de cette diversification est double : se libérer de la dépendance vis-à-vis d'Apple et gonfler ses marges d’exploitation, limitées en 2021 à 2,5%. Mais pas question de se contenter d'être un simple assembleur, comme il le fait en électronique. L’heure est à l’intégration verticale, avec la maîtrise des deux contenus clés des véhicules électriques, les puces et le logiciel. Le PDG, Liu Young-way, l’a martelé lors de la présentation des résultats annuels aux analystes, le 16 mars.
Cap sur les puces en carbure de silicium
Foxconn a posé les jalons de cette stratégie en prenant en 2016 le contrôle de Sharp, un groupe japonais d’électronique présent de façon historique dans les semi-conducteurs, via une usine de production de puces sur plaquettes de 200 mm à Fukuyama, au Japon. Cette opération a été complétée par l’établissement de deux centres de conception de circuits, l’un à Shenzhen, en Chine, l’autre à Taïwan, et la création d’une usine d’encapsulation à Qingdao, en Chine. A cela s’ajoutent la mise sur pieds de XSemi, une coentreprise avec Yageo, pour la conception de circuits intégrés analogiques, et le rachat à Macronix d’une usine de 150 mm, à Taïwan, qui sera reconvertie à la production de composants en carbure de silicium, une technologie clé de l’électrification des véhicules.

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Une stratégie qui attire déjà des partenaires. Stellantis a choisi en 2021 de s'allier à Foxconn pour développer les semi-conducteurs clés de ses voitures. De même, le gouvernement de Narendra Modi a autorisé le géant taïwanais à créer une usine de puces en Inde, en coentreprise avec le groupe indien Vedanta.
Plusieurs prototypes
Depuis un an, Foxconn se livre à un intense lobbying en négociant directement avec les gouvernements en Thaïlande, en Indonésie, au Mexique ou encore en Arabie saoudite, pour la création d'usines en co-investissement. Avec son modèle, il entend aider ces pays à se doter d’une industrie locale de voitures électriques. La maîtrise des puces et du logiciel lui garantit de capter une bonne partie de la valeur ajoutée.
Après avoir dévoilé trois prototypes en 2021, Foxconn en prévoit deux autres en 2022 et prépare la mise en production en série, au second semestre de cette année, d’une camionnette électrique dans l’usine qu’il a rachetée en 2021 à Lordstown, dans l’Ohio, aux Etats-Unis. La voiture Model C, dont le prototype a été présenté en 2021, devrait être commercialisée en 2023. Le groupe ambitionne de capter 5% du marché des véhicules électriques estimé en 2025 à 600 milliards de dollars, ce qui représenterait un volume annuel de 500 000 à 700 000 véhicules.
Signe de l'accélération de cette stratégie, les investissements de Foxconn s'envolent. Ils approchent les 3 milliards d'euros en 2021, contre un peu plus de 2 milliards d'euros en 2020. Et Liu Young-way promet de continuer à les augmenter dans les années à venir.



