Hon Hai Precision Industry accélère sa diversification dans les puces électroniques. Le géant taiwanais de la sous-traitance électronique, plus connu sous le nom de Foxconn, a racheté, en août 2021, une usine de puces sur plaquettes de 150 mm à son compatriote Macronix. L’investissement reste modeste : 91 millions de dollars. Mais il le fait entrer, pour la première fois, dans la fabrication de semi-conducteurs.
Foxconn compte se servir de cette usine pour la production de composants électroniques de puissance en carbure de silicium, une technologie clé de l’électrification de l’automobile. De quoi en faire un concurrent direct de fabricants de référence dans ce domaine comme le franco-italien STMicroelectronics, l’américain Cree, le japonais Rohm ou l’allemand Infineon Technologies.
Dépendance vis-à-vis d'Apple
Cette opération intervient après avoir investi indirectement dans le fondeur malaisien de puces SilTerra et son équivalent chinois KoreSemi. Des manœuvres qui visent à soutenir ses ambitions dans la voiture électrique en captant toute la chaine de valeur dans ce domaine, de la carrosserie jusqu’au logiciel, en passant par le moteur électrique, la batterie ou encore les semi-conducteurs.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Foxconn est connu comme le principal assembleur de l’iPhone. Il tire près de la moitié de son chiffre d’affaires d’Apple selon les analystes. Une dépendance dont il veut sortir en se diversifiant dans l’automobile avec l’ambition de s’imposer comme le roi de l’assemblage de la voiture électrique. Pour cela, il propose une plateforme mutualisée sur le modèle des smartphones dont il entend contrôler les composants clés, du moteur électrique aux puces, en passant par la batterie, les écrans ou le logiciel.
" Du point de vue des logiciels et des services, si Tesla est l'iPhone du marché des véhicules électriques, Foxconn veut devenir « l'Android » de ce marché via sa plateforme EV Open Market ", précise Neil Shah, analyste au cabinet Counterpoint, dans un blog. Du point de vue matériel, il envisage la création d’usines en Thaïlande, aux Etats-Unis et en Europe pour l’assemblage de véhicules électriques pour le compte notamment de nouveaux constructeurs ne disposant pas d’infrastructure industrielle. Il a conclu des partenariats avec de nombreux constructeurs automobiles, dont Fisker, Byton, Geely et Stellantis. Son modèle risque de bouleverser l’industrie automobile en banalisant le véhicule électrique à l’instar de ce qui est arrivé aux smartphones.
Objectif: 10 % du marché en 2025
Depuis cinq ans, Foxconn tente de sortir du carcan de la sous-traitance électronique, une activité où les marges d’exploitation tournent autour de seulement 2 %, en devenant aussi fournisseur de composants et sous-systèmes. La diversification dans les semi-conducteurs, qui concentrent l’essentiel de la valeur ajoutée des équipements électroniques, est vue comme stratégique.
En 2016, Foxconn réussit à s’emparer du contrôle de Sharp, un fleuron japonais de l’électronique présent dans les écrans LCD mais aussi des semi-conducteurs comme les diodes laser, les capteurs d’image ou les contrôleurs d’écrans LCD. En 2017, il tente en vain de racheter l’activité mémoires flash NAND de Toshiba. Un échec qui ne l’empêche pas de rester à l’affût de toute opportunité d’investissement.
Foxconn ambitionne de capter 10 % du marché de la voiture électrique estimé à 600 milliards de dollars en 2025 par Counterpoint, ce qui représente la production de 4 à 5 millions de véhicules par an. Avec l’avantage d’une marge brute d’environ 10 % dans cette nouvelle activité, contre 6 % dans l’activité traditionnelle de sous-traitance électronique.



