Le géant taïwanais de la sous-traitance électronique Hon Hai Technology Group, plus connu sous le nom de Foxconn, a annoncé le 21 juillet être en pourparlers avec le constructeur japonais de moteurs électroniques Nidec, en vue de l'établissement d'un partenariat industriel stratégique dans le véhicule électrique. Les discussions visent la création d’ici à 2022 d’une coentreprise dans les moteurs de traction de voitures électriques. L’accord est attendu d’ici fin 2021.
Basée à Taïwan, cette coentreprise sera chargée du développement, de la production et de la vente de systèmes de moteurs de traction et de divers éléments associés de voitures électriques. L’objectif est d’assurer un approvisionnement stable en moteurs de traction de voitures électrique pour Foxconn et d’élargir les opportunités de vente pour de nouveaux marchés et clients.
Plate-forme standardisée
Le projet s’inscrit dans l’ambition de Foxconn de s’imposer comme le roi de l'assemblage de voitures électriques en sous-traitance, sur le modèle de ce qu’il fait dans les smartphones. Le groupe est connu pour être le principal assembleur de l’iPhone d’Apple. L’électrification de l’automobile lui offre l’opportunité de jouer le rôle de catalyseur de cette transformation, avec le slogan de rendre la réalisation d’une voiture électrique aussi facile que celle d’un smartphone.
Dans cet objectif, il s’est entouré un gigantesque réseau de fournisseurs et partenaires pour disposer d’une chaîne logistique complète de la voiture électrique. A l’opposé du modèle propriétaire de l’industrie automobile traditionnelle ou de celui de Tesla, il propose sa plate-forme standardisée MIH, où ses clients constructeurs pourront piocher pour définir le véhicule électrique de leurs rêves. Autant dire une révolution qui va banaliser la voiture électrique, en faisant entrer sur ce marché des marques issues de l’univers des smartphones comme Xiaomi, Oppo, Vivo ou Realme.
Dépossession de la chaîne de valeur
C’est pourquoi les constructeurs automobiles allemands, japonais ou sud-coréens voient d’un mauvais œil cette initiative, synonyme de dépossession de la chaîne de valeur, de casse des prix et de concurrence à outrance, comme cela s'est produit dans les PC, les téléviseurs ou les smartphones, obligeant plusieurs constructeurs historiques à sortir du marché. Ceci n’empêche pas Foxconn d’enchaîner les accords avec des constructeurs comme BYD en Chine, Fisker aux Etats-Unis ou récemment Stellantis en France. Sont-ils conscients de la menace ? Pas si sûr.



