L’usine Stellantis de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, vit ses dernières années sous sa forme actuelle. Le 24 juillet 2025, la direction du groupe a annoncé l’arrêt de la production du moteur diesel DV au 1er novembre 2025, en attendant l’extinction programmée (sans date pour l’instant) de la production du moteur essence EB. Sans prononcer le mot «fermeture», Stellantis acte donc la fin d’un pan majeur de l’activité du site, spécialisée depuis plus de cinquante ans dans la fabrication de moteurs thermiques.
Pour les syndicats CFE-CGC et CFTC, il s’agit bel et bien d’une fermeture qui ne dit pas son nom. Tous deux évoquent une échéance «courant 2026», regrettant respectivement un «sacrifice des compétences industrielles» et un «abandon d’un savoir-faire» sur l’autel de l’électrification. Si la CFTC salue l’anticipation par Stellantis des conséquences sociales de cette mutation industrielle, elle dénonce néanmoins des «choix industriels de production hors de nos frontières» qui auraient porté un coup fatal à ce fleuron de l’industrie française.
CFE-CGC alerte aussi sur le faible nombre de reclassements effectifs vers l'usine voisine d'ACC, la gigafactory implantée juste à côté et détenue en partie par Stellantis : selon le syndicat, seuls 325 salariés ont rejoint ce nouveau site, laissant 350 autres sur le carreau pour l’instant.
«Nous savons offrir un poste à tout le monde dans le groupe», assure Stellantis
De son côté, Stellantis tempère le diagnostic. Contacté par L’Usine Nouvelle, le constructeur confirme que la date du 1er novembre ne concerne que la fin de la ligne DV, et non celle du site en entier, tout en précisant que le moteur EB est «amené à s'arrêter également dans un second temps». Il assure qu’aucun salarié ne sera laissé sans solution. Des postes sont proposés à chacun, soit chez ACC – en avançant le chiffre de 330 salariés qui ont déjà migré sur le nouveau site de batteries ouvert en mai 2023, mais qui peine à monter en cadence –, soit sur d'autres sites Stellantis de la région, à Hordain ou Valenciennes. Le groupe insiste sur sa volonté d’accompagner individuellement chaque salarié.

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Force Ouvrière et la CFTC rapportent qu’une réunion de négociation s’est tenue mardi 22 juillet, consacrée à l’examen de possibles ruptures conventionnelles collectives (RCC). «À nos yeux, cette réunion sonnait déjà le glas du site», déplore la CFTC dans son communiqué.
Un site emblématique en voie d’extinction
L’usine de Douvrin (ex-Française de mécanique) avait été mise en service en 1969, et est devenue depuis un «pilier majeur de la filière moteurs thermiques», selon les mots de la CFE-CGC. Elle comptait plus de 5000 salariés au début des années 2000. Les syndicats exigent tous un «plan ambitieux de reconversion professionnelle», avec formation, reclassement et accompagnement renforcé, soulignant que la transformation du secteur automobile ne doit pas se faire «au détriment de la cohésion sociale et économique».



