Depuis 2016, Chamatex (290 salariés, 37 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 pour le groupe) envoie toute sa production de textile technique Matryx, breveté, en Asie, où elle est transformée en chaussures de sport pour ses clients, des marques de sport (2 millions de paires par an). « Tout est envoyé en Asie parce que plus personne ne fait de chaussures en France », explique le dirigeant de Chamatex, Gilles Réguillon. En 2011, il a repris une société qui n’employait plus qu’une quarantaine de personnes.
Mais ce n’est plus vrai depuis que Chamatex, en partenariat avec Salomon, Babolat et Millet, a ouvert l'usine automatisée ASF 4.0, en Ardèche. Chamatex envisage donc désormais de garder toute sa production française de Matryx en France, et d’ouvrir une usine de fabrication du tissu Matryx au Vietnam pour y produire, sur place, le textile nécessaire aux chaussures de sport. La construction est en cours, affirme Gilles Réguillon, pour un démarrage prévu fin 2022. « Notre stratégie consiste à faire du local to local, à fabriquer là où sont nos clients. »
L'usine double déjà sa capacité de production
Depuis septembre 2021, l’usine ASF 4.0 tourne, à deux pas de celle de Chamatex, à Ardoix, dans le nord Ardèche. Y sont produites des chaussures de sport haut de gamme, utilisant le textile Matryx fabriqué dans l’usine d’à côté. A la fin de l’année, une cinquantaine de personnes y travailleront, en 3X8. Un permis de construire a déjà été déposé pour doubler la surface et la capacité de l’usine ASF 4.0, et employer cinquante personnes de plus d’ici à fin 2023. « Il y a deux ans, c’était de l’herbe, dans deux ans, 100 personnes travailleront ici », se réjouit Gilles Réguillon, le regard tourné vers les champs qui entourent la nouvelle usine ultra automatisée d’ASF 4.0. Fin 2023, le site agrandi, qui aura nécessité 15 millions d'investissement au total (10 pour la première usine, 5 pour l'extension), fabriquera un million de paires de chaussures.
« ASF, pour nos clients, c’est une capsule made in France, très modeste à l’intérieur d’un marché extrêmement vaste », considère le dirigeant. Il reste donc des places à prendre, et Gilles Réguillon parie sur l’attrait du made in France, sur la conscience environnementale des nouvelles générations, pour développer la production d’ASF. Il prépare avec ses partenaires l’ouverture d’une nouvelle usine ASF quelque part en Europe, pour y produire quatre fois la production ardéchoise de chaussures (après doublement de la capacité), soit 4 millions de paires par an. Les partenaires débattent encore de la localisation de cette prochaine usine… « La géopolitique nous montre qu’on a intérêt à relocaliser un maximum de production en Europe, il faut anticiper », conclut le chef d’entreprise.



