Exception faite de quelques discrets acteurs travaillant pour les grands noms du luxe, il ne reste plus grand-chose des quelque 450 moulinages et filatures qui, au XIXe siècle, alimentaient en soie naturelle les canuts lyonnais. Pourtant, la filière textile occupe encore en Ardèche une place importante.
De nombreux industriels (Chomarat avec C-Ply et Rotatex, Payen avec Pagastic, Massebeuf avec Silicotex et CRY, Chamatex avec son concept Matryx) sont en effet parvenus à se reconvertir après avoir axé leur stratégie sur l’innovation. En se positionnant sur les textiles techniques intelligents, apportant des fonctionnalités à forte valeur ajoutée, ils ont développé des expertises dans l’art de travailler les polyamides, les fils de verre et autres carbones. Ce qui leur vaut d’être présents dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’automobile, le ferroviaire, le sport, l’ameublement, la santé… Et à l’image de Contifibre (85 salariés, 7,6 millions de chiffre d’affaires en 2019), spécialisé dans la production des fils pour les bas et les collants, et de Porcher Industries, réputé pour ses savoir-faire en matière d’adhérisation, tous ont fait le choix d’investir massivement dans leur outil de production, afin de maîtriser les différentes étapes, de la création à la livraison finale.
Certains ont opté pour des marchés de niche, comme les industriels Blanchard Tech & Yarn’s (25 salariés et 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019), spécialisé dans la production de fils métalliques et métalloplastiques, et Tiba (35 salariés et 8,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019), le leader sur le marché européen du tricotage synthétique.
C’est aussi en Ardèche que sont implantés E-Tex, le dernier fabricant français de machines dédiées au traitement de certains fils, et la Scop Ardelaine (60 collaborateurs et 2,6 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2019, ), dont le modèle sociétal, hérité de mai 1968, fait ainsi vivre tout un village.



