Soitec encaisse le coup du Covid-19 pour rebondir ensuite

Sous l’effet du Covid-19, Soitec voit son chiffre d’affaires décrocher de 4,9 % au deuxième trimestre 2020. Une première en cinq ans. Mais, confiant dans le développement de la 5G et les perspectives de ses diversifications au-delà du silicium, le fabricant français de substrats électroniques espère rattraper pour terminer son exercice fiscal 2021/2022 avec un revenu stable.

 

Réservé aux abonnés
Soitec usine Bernin 3
Le fabricant isérois de substrats électroniques dispose de deux sites de production, l’un à Bernin, près de Grenoble (Isère), l’autre à Singapour.

Lors de la présentation des résultats de l’exercice fiscal 2019/2020 en juin 2020, Paul Boudre, le directeur général de Soitec, avait prévenu que la société n’échapperait pas à l’impact du Covid-19. Et cela se voit dans les résultats du deuxième trimestre 2020 qui correspond au premier trimestre de son exercice fiscal 2020/2021 qui sera clôturé en mars 2021. Le chiffre d’affaires s’affiche en recul de 4,9 % par rapport au deuxième trimestre 2019 à 113,6 millions d’euros. Il s’agit du premier décrochage de revenu de la société depuis environ cinq ans.

L’augmentation du contenu de son silicium sur isolant dans les smartphones

Le fabricant isérois de substrats électroniques, qui compte 1 600 employés dans le monde, dont 1 350 en France, et dispose de deux sites de production, l’un à Bernin, près de Grenoble (Isère), l’autre à Singapour, subit de plein fouet l’effondrement de ses marchés finaux dans les smartphones, l’automobile, l’Internet des objets ou encore l’électronique grand public. Mais il limite la casse grâce l’augmentation du contenu de son silicium sur isolant dans les smartphones. Une tendance qui devrait s’amplifier avec l’accélération de la transition vers la 5G. Selon Paul Boudre, la 5G booste en moyenne de 60 % la surface de silicium sur isolant dans le smartphone par rapport à la 4G. De quoi compenser la baisse des ventes en volumes de smartphones et le recul dans l’automobile.

Or selon le cabinet TrendForce, la production de smartphones 5G devrait grimper d’environ 20 millions en 2019 à 235 millions d’unités en 2020 puis dépasser 500 millions en 2021. Une perspective qui laisse Paul Boudre espérer un rebond de façon à effacer le recul du deuxième trimestre 2020 et clôturer l’exercice fiscal 2020/2021 avec un chiffre d’affaires stable d’environ 600 millions d’euros.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Les faveurs d’un client de poids, Qualcomm

Ce n’est pas le seul levier sur lequel Paul Boudre mise pour remonter la pente. Il parie également sur le succès de la première diversification au-delà du silicium sur isolant dans les substrats piézoélectriques sur isolant pour les filtres radiofréquences de smartphones 5G. Cette nouvelle technologie de plaques de 150 mm, en montée de production à Bernin, affiche de belles promesses depuis qu’elle a obtenu les faveurs d’un client de poids, Qualcomm, numéro un mondial des puces mobiles. Et les diversifications devraient s’étendre à d’autres matériaux comme le nitrure de gallium pour les amplificateurs radiofréquences ou le carbure de silicium pour les composants de puissance.

Autant d’éléments qui laissent le patron de Soitec confiant dans les perspectives à moyen terme de la société. Après le trou d’air du deuxième trimestre 2020 et la pause de l’exercice fiscal 2020/2021, il s’attend à une reprise d’une croissance à deux chiffres à partir de l’exercice fiscal 2021/2022.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.