Skytech se réorganise pour rebondir face à un marché du plastique recyclé en crise

[Objectif première usine 5/8] Pour les start-up industrielles, fabriquer un produit basé sur une technologie innovante dans une nouvelle usine est un défi colossal. Retour d'expérience de huit entreprises. Skytech, greentech spécialisée dans le tri et le recyclage de plastiques techniques, a renouvelé sa direction et sa culture d'entreprise pour mieux répondre aux attentes de ses clients.

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Skytech transforme certains plastiques issus du recyclage en résines régénérées premium dans son usine à Bonnières-sur-Seine (Yvelines).

Fondé en 2018, à la suite d’un projet de recherche entre l’entreprise de recyclage de déchets APR2 et le CNRS, Skytech lance son usine à Bonnières-sur-Seine (Yvelines) en 2020. Dès 2021, la start-up spécialisée dans la production de polymères techniques recyclés produit 10000 tonnes de résines issues de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et de véhicules hors d’usage.

«Au moment du Covid, la mise à l’arrêt de l’industrie manufacturière a entraîné une forte demande pour des plastiques régénérés dans tous les secteurs industriels», rappelle Frédéric Delaval, le directeur général de Skytech. La start-up greentech, à l’origine de Triblast, un procédé breveté de séparation et de recyclage des polymères reposant sur la triboélectricité, décide alors de produire rapidement de très gros volumes et recrute une centaine de personnes.

Mais à partir de l’invasion de l’Ukraine, début 2022, elle fait face à l’effondrement de la demande. Elle perd la moitié de son chiffre d’affaires et doit mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi. «L’entreprise n’était pas structurée pour encaisser les à-coups», analyse a posteriori Frédéric Delaval, recruté en février 2024, avec l’objectif de ramener la start-up «à l’équilibre et de la transformer en une PME industrielle».

Formation interne et renouvellement de la direction

Pour le nouveau directeur général, une partie du problème vient du fait que la satisfaction des besoins des clients ne se trouve pas au cœur de la stratégie. «Lorsqu’on produit pour Renault ou Stellantis, il faut être en mesure de donner des garanties en termes de délai, de qualité et de prix, et de montrer que l’on a des fournisseurs solides. Or, nous n’avions même pas de service achat.» Il travaille également sur un «changement de culture» au sein de ses équipes. «Skytech a été monté par des gens brillants, mais sans expérience du processus d’industrialisation et habitués à travailler seuls, alors que dans l’industrie, on doit faire équipe.» Frédéric Delaval mise sur la formation interne et le renouvellement de l’ensemble des membres de la direction. «J’ai recruté des personnes expérimentées dans l’industrie mais suffisamment ouvertes d’esprit pour travailler avec des jeunes issus de la culture start-up, dotés d’un bon réseau et parlant des langues étrangères.»

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Face à un marché français récessif, le directeur général ambitionne de réaliser 50% du chiffre d’affaires de Skytech à l’étranger. Si pour l’heure, l’entreprise de 50 salariés, qui compte parmi ses clients le groupe SEB, Forvia et Legrand, n’est pas encore à l’équilibre, elle espère y arriver à l’horizon 2026, à l’issue de sa restructuration. «En 2024, nous avons atteint un chiffre d’affaires de 5,8millions d’euros, en progression de 1% par rapport à 2023, dans un marché en recul de 8%. Cela signifie que nos clients nous font confiance», assure Frédéric Delaval.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3740 - Mars 2025

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