Schneider Electric piste chaque source d’économie d’énergie à Carros

Déjà bien équipé pour suivre et maîtriser sa consommation énergétique, le site Horizon de Schneider Electric à Carros (Alpes-Maritimes) devrait encore la diminuer sur son plan initial de 15%. Il répond aussi à la réduction de 10% sur deux ans, réclamée par le gouvernement. Son approche est globale: technologique et managériale.

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Site Horizon de Schneider Electric à Carros (Alpes-Maritimes)
La performance énergétique des bâtiments de Schneider Electric à Carros est gérée par un système de pilotage centralisé.

«Depuis 15 ans, nous avons réduit de 3% par an notre consommation énergétique. Quand le gouvernement réclame aux entreprises un effort de 10% dans la perspective de cet hiver, c’est un objectif ambitieux, compte tenu de tout ce que nous avons déjà accompli. Mais sur la base référence de notre consommation en 2019, nous voulons encore la diminuer de 15% d’ici à 2025 en embarquant tous nos collaborateurs dans ce défi», souligne Marion Bouthors, directrice du site Schneider Electric à Carros (Alpes-Maritimes), où travaille un millier de personnes (ingénierie, R&D, fabrication, support…) sur 20 000 m², dont 11 000 m² dédiés à la production d’automatismes industriels, cartes électroniques et relais de protection. Cette stratégie actionne plusieurs leviers: la gestion technique du bâtiment, des solutions technologiques de suivi des consommations et une politique managériale visant à inciter les salariés à se montrer plus précautionneux.

Des capteurs à la géothermie

«La gestion technique du bâtiment repose sur le déploiement d’automates, de capteurs, de logiciels aptes à piloter l’éclairage, la climatisation, le chauffage, les stores, la ventilation… Avec des détecteurs de présence et des capteurs de luminosité, il est possible de gagner rapidement jusqu’à 30% de consommation énergétique. Mais notre système centralisé permet aussi de surveiller les équipements sur les niveaux de température, de prévenir le moindre incident, grâce à notre plateforme EcoStruxure Building Operation. Toutes les données sont collectées pour faciliter et accélérer la prise de décision. Par exemple, nous pouvons décider d’arrêter dans nos laboratoires la réalisation de certains tests durant la nuit, sans priver ceux qui les déclenchent de leur capacité d’action s’ils jugent nécessaire un fonctionnement nocturne des appareils. Cette approche responsabilise», précise Marion Bouthors.

Plusieurs solutions d’économies avaient déjà été mises en œuvre sur les lieux: la géothermie pour le refroidissement des équipements, le remplacement des néons par des Led dans les espaces industriels et tertiaires avec un pilotage "smart lighting" par zone... Elles sont confortées aujourd’hui par une série d’autres mesures. Sur le chauffage, les consignes aux collaborateurs encouragent un passage à 19 degrés, conformément à la demande gouvernementale. Pour l’eau chaude sanitaire, les ballons sont coupés. L’utilisation des bureaux va être réduite d’une heure : de 7 heures à 19 heures, au lieu de 7 heures à 20 heures. Pas de modification, en revanche, sur le télétravail, autorisé deux jours par semaine. «Fermer le bâtiment pour mettre tous ceux qui le peuvent en télétravail n’a pas été considéré comme une piste pertinente de sobriété énergétique», confie la dirigeante.

Du photovoltaïque pour l’autoconsommation

En 2011, le site s’était équipé de 1 400 m² de panneaux photovoltaïques afin de générer l’équivalent de la consommation du bâtiment à nu, hors laboratoire, l’électricité produite étant envoyée sur le réseau. Il renforce ses installations en couvrant les parkings d’ombrières photovoltaïques. «Cette fois, nous serons en autoconsommation. Ce choix permet d’alléger le réseau tout en améliorant l’impact environnemental de la mesure. Nous considérons que nous pouvons couvrir ainsi jusqu’à 15% de la consommation du site», détaille la dirigeante. 

Marion Bouthors s’emploie autant que possible à partager les choix mis en œuvre et leurs résultats avec l’écosystème économique azuréen, les Alpes-Maritimes ayant été un territoire d’expérimentation de réseaux électriques intelligents. Les projets n’avaient pu définir un modèle économique viable. Avec l’explosion des coûts de l’énergie, les conditions de rentabilité pourraient être à réexaminer. «Aujourd’hui, les entreprises ne doivent plus se poser seulement la question de la hausse de leurs factures, mais celle de leur responsabilité à prendre dans la transition énergétique. Elles sont tenues d’investir dans des actions pour montrer qu’elles assument leur part», ajoute-t-elle.

Schneider Electric Carros avec panneaux photovoltaïques Schneider Electric
Schneider Electric Carros avec panneaux photovoltaïques Schneider Electric Carros avec panneaux photovoltaïques

L’électricité générée par les panneaux solaires des ombrières de parking contribue désormais à l’autoconsommation du site de Schneider Electric à Carros. Crédit : Schneider Electric

Suivi au jour le jour pour engager les équipes

Dans l’atelier de production des automatismes industriels et relais de protection, où travaillent 350 salariés, Philippe Sola, le directeur de l’usine de Carros, détaille toutes les solutions de digitalisation et de collecte de données qui permettent de suivre instantanément le fonctionnement de chaque équipement et de l’analyser. «C’est le meilleur outil d’anticipation pour une gestion optimale de l’énergie», dit-il. A ses yeux, la performance s’accroît d’autant plus que les équipes de fabrication sont étroitement associées aux efforts, en particulier grâce aux AIC (animations à intervalle court), un fondement du lean management.

«Tous les jours, nos outils digitaux fournissent un ensemble d’indicateurs consolidés sur les performances de la veille, la qualité, les points de difficulté… qui permettent de détecter et prioriser les pistes d’amélioration. Le recueil des suggestions des équipes accroît l’engagement des collaborateurs», juge-t-il. Pour Guillaume Lenôtre, ingénieur méthodes, ce pilier du "système de production Schneider" en 40 principes communs, déployé sur les 180 usines du groupe et proposé aux clients, permet d’évaluer rapidement l’impact de chaque choix: «Parce que toutes les personnes disposent, sur un outil unique, des informations essentielles à n’importe quel moment de la journée pour agir et progresser, un gain de 6 à 10% de productivité peut être obtenu.» Une consommation de courant suspecte fait l’objet d’une alerte automatique, sa notification accélère avant toute dérive la mise en œuvre d’une intervention de maintenance préventive. «Si dans les 4 heures, le dysfonctionnement n’a pas été traité, je suis également averti, confie Philippe Sola. Cette démarche réduit le nombre d’incidents.»

Collecte et suivi de données plateforme EcoStruxure sur le site de Schneider Electric à CarrosSchneider Electric
Collecte et suivi de données plateforme EcoStruxure sur le site de Schneider Electric à Carros Collecte et suivi de données plateforme EcoStruxure sur le site de Schneider Electric à Carros

Avec sa plateforme EcoStruxure, Schneider Electric peut analyser chaque donnée collectée sur ses équipements et participer à une amélioration continue. Crédit : Schneider Electric

En abritant sur place un laboratoire R&D, Schneider Electric peut valider à Carros les solutions IoT ajustées à ses besoins avant de les commercialiser auprès d’autres industriels. «Auparavant, l’énergie était gérée de manière globale, aujourd’hui, chaque machine est dotée de capteurs pour réussir un pilotage plus précis et se donner la capacité d’agir manuellement ou automatiquement sur leur fonctionnement», se félicite Guillaume Lenôtre.

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