Sanofi rejoint la big pharma annonçant des investissements de masse aux Etats-Unis. Le laboratoire français a annoncé le mercredi 14 mai au soir un effort d’au moins 20 milliards de dollars (17,9 milliards d’euros) d’investissements à venir aux Etats-Unis d’ici à 2030. Il suit la plupart des grands acteurs américains, comme Lilly ou J&J, mais aussi des groupes suisses Roche et Novartis, qui ont annoncé des dizaines de milliards de dollars d’investissements sur le sol américain dans ce contexte de possibles barrières douanières sur les importations de médicaments produits en Europe.
Le détail de l’enveloppe n’est pas dévoilé. «Le périmètre et la répartition de cet investissement sont amenés à évoluer dans le temps», souffle un porte-parole, en fonction des lancements de nouveaux médicaments et des performances à venir. Cette enveloppe comprend à la fois des efforts en termes de R&D et de production, pour soutenir plusieurs mises sur le marché américain ambitionnées par le laboratoire tricolore ces prochaines années, en premier lieu avec des médicaments «first-in-class» ou «best-in-class» (premier ou meilleur médicament sur une indication thérapeutique donnée).
Déjà plusieurs usines près de New York et Boston
Sur le front de la production, le groupe évoque dans son communiqué des «investissements directs sur les sites de Sanofi» aux Etats-Unis mais aussi «à travers des partenariats avec d’autres producteurs locaux», sans davantage préciser les projets. A l’inverse d’autres laboratoires comme Roche ou Novartis, Sanofi ne s’engage pas à construire de nouvelles usines. Aux Etats-Unis, le laboratoire tricolore dispose déjà d’une certaine empreinte industrielle, centralisée sur la côte nord-est. Trois usines sont implantées dans la région de New-York : Swiftwater (Pennsylvanie) et Pearl River (New York) pour les vaccins, et Ridgewater (New Jersey) pour les médicaments de spécialité. Une quatrième, digitalisée et comptant parmi les fleurons industriels les plus modernes de Sanofi, se trouve à Framingham (Massachusetts) dans la région de Boston, capitale mondiale des biotechnologies. Le groupe disposait aussi d’une usine à Chattanooga dans le Tennessee, mais qui fait désormais partie intégrante du groupe Opella dans lequel Sanofi n’est plus majoritaire.
Côté R&D, Sanofi n’évoque pas non plus de nouveau site à construire, simplement de renforts de ses opérations sur place. Outre-Atlantique, le laboratoire détient trois sites dédiés : là encore dans la région de New York avec l’implantation à Bridgewater (New Jersey) et deux dans la région de Boston, avec Waltham et Cambridge (Massachusetts).
Les Etats-Unis, premier marché mondial de Sanofi
Malgré le contexte de pressions de l’administration Trump sur l’industrie pharmaceutique, il n’est pas totalement étonnant de voir Sanofi investir massivement aux Etats-Unis. Le pays représente le premier marché mondial du groupe, qui se classe dixième des plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux. En 2024, sur un chiffre d’affaires de 41,08 milliards d’euros, 19,99 milliards de ventes ont été générées aux Etats-Unis, soit plus du double de l’Europe, deuxième marché régional (9,03 milliards d’euros). Et la cadence n’est pas la même, Sanofi affichant une croissance de ses ventes de près de 16% entre 2023 et 2024 sur le marché américain quand elle s’est limitée à environ 2% en Europe l’an dernier et près de 3% dans le reste du monde. Outre-Atlantique, le groupe concentre un peu plus de 13000 de ses près de 83000 salariés dans le monde. En comparaison, l’Europe regroupe 50% des effectifs et reste sa première base sur les plans industriels et de R&D.



