Sanofi et Lilly vont expérimenter le recyclage de stylos injecteurs d’insuline en France

Les laboratoires Sanofi et Lilly se sont associés à l’éco-organisme Dastri pour mettre au point une filière de recyclage de stylos injecteurs d’insuline, utilisés par les patients atteints de diabète. Pendant un an, ce projet pilote sera déployé dans quatre régions françaises pour étudier la faisabilité du modèle.

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Les laboratoires pharmaceutiques Sanofi et Lilly écoulent chaque année à eux deux 56% des 84 millions de stylos injecteurs d'insuline utilisés chaque année par des patients diabétiques en France.

Concurrents sur l’aire thérapeutique du diabète, les groupes pharmaceutiques Sanofi et Lilly sont aussi partenaires sur le projet Recypen, dévoilé le 20 mars. L’objectif ? Mettre en place et tester pendant un an une filière de recyclage de stylos injecteurs d’insuline, dispositifs médicaux essentiels pour des personnes diabétiques, mais qui n’ont d’autre fin de vie que l’incinération. Le projet est mené avec l’éco-organisme Dastri, spécialiste de la collecte et du traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux.

Recypen sera lancé entre fin mars et début avril 2024 pour une période de 12 mois dans quatre régions : Occitanie, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est. «Ces quatre régions représentent 37% de la population française environ, avec un mélange d’environnements ruraux et de villes denses, ce sont des critères significatifs, indique Antoine Barbier, directeur stratégie et relations professionnelles de Sanofi France. Par ailleurs, les Hauts-de-France affichent, hors Outre-Mer, la plus importante prévalence de diabète sur le territoire.»

Le recyclage des stylos injecteurs effectué dans le Doubs

La cible est de collecter et recycler environ 30% des stylos injecteurs après utilisation. Selon Antoine Barbier, cet «objectif nous semble une estimation raisonnable. Il est difficile de se projeter sur la vitesse avec laquelle ce modèle pourrait prendre. Tout l’enjeu est de construire un circuit de recyclage en partant de zéro. Il faut aussi le temps de mobiliser les professionnels et santé, les pharmaciens et les patients».  Le projet Recypen s’appuie sur l’existence du réseau de Dastri, relié aux pharmacies d’officine et qui détient déjà des installations industrielles.

Plus précisément, ces stylos injecteurs seront traités dans une petite unité de Dastri, mise en service en juin 2023 à Ecole-Valentin, près de Besançon (Doubs), spécialisée dans la séparation et la désinfection de dispositifs médicaux connectés pour récupérer plastiques, piles, métaux et cartes électroniques. Pour les stylos injecteurs, qui ne comportent plus d’aiguilles à usage unique une fois utilisés, il s’agira de séparer le plastique, le verre et le métal. Puis de trouver ensuite des clients pour réutilisation de ces matières. Sur ce dernier sujet, aucun contrat n’a encore été signé.

84 millions de stylos injecteurs utilisés par an en France

Ce projet découle d’un changement législatif, il y a un an et demi. «La loi impose l’incinération, autant pour les médicaments que pour les dispositifs médicaux, mais depuis novembre 2022 il existe un cadre législatif qui permet de mener des expérimentations de recyclage pour les stylos injecteurs à aiguilles non serties, explique Antoine Barbier de Sanofi. C’est uniquement dans ce cadre que l’on peut déployer ce projet pilote, ce qui nous restreint à ne prendre en charge que les stylos Sanofi et Lilly pour le moment, même si on souhaiterait aller au-delà ». A eux seuls, les deux laboratoires écoulent 56% des 84 millions de stylos injecteurs utilisés chaque année en France.

Les deux partenaires parlent de première en France pour une telle filière complète. Fin 2022, le laboratoire danois Novo Nordisk avait lancé ReturnPen, un programme-test de deux ans visant à collecter en Ile-de-France, Normandie, Hauts-de-France et Centre-Val-de-Loire, ses propres stylos injecteurs. A la différence de Recypen, ce projet s’appuie sur l’expédition de ces déchets sensibles au Danemark, où un partenaire de Novo Nordisk prend en charge les opérations de recyclage.

Pour Recypen, dont Sanofi et Lilly ne détaillent pas le montant, la boucle sera intégralement hexagonale. «Les coûts seront très dépendants de la volumétrie qui sera associée. Nous avons fait des estimations, ce sont des investissements importants», laisse entendre Antoine Barbier. En 2025, selon les conclusions de ce test grandeur nature, les deux laboratoires prévoient de faire un point avec les autorités pour déployer cette filière de recyclage sur l’ensemble du territoire national. Et pourquoi pas associer d’autres acteurs et intégrer d’autres dispositifs médicaux dans la boucle.

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