La pandémie liée au Covid-19 n’a pas ralenti la vie de toutes les entreprises. Le traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) a explosé. En Rhône-Alpes, Séché Healthcare, la filiale du groupe Séché Environnement spécialisée dans ce domaine, s’est organisée pour collecter tous les déchets en provenance des hôpitaux, cliniques, professionnels de santé et Ehpad, soit un total de 350 clients. Sans oublier les 1 700 pharmacies.
Alors qu’en période normale, elle collecte 160 à 170 tonnes de DASRI par mois, en novembre ce chiffre a dépassé 300 tonnes, ce qui représente 2 000 bacs de 600 litres au lieu de 1 000.
Des moyens venus d'autres régions
"Nous avions fait déplacer des moyens depuis le Sud-Ouest pour répondre à l’afflux de DASRI dans notre région lors de la première vague, se remémore Nicolas Teisseyre, directeur commercial de Séché Healthcare. A partir du mois de mars, la demande avait explosé. Au départ, nous étions suréquipés pour éviter les contagions. Ensuite, nous avons allégé le dispositif quand nous avons compris que le Covid-19 était une maladie contagieuse, mais pas plus que d’autres et surtout beaucoup moins qu’Ebola. Pour la seconde vague, toutes les régions où nous sommes présents étant touchées, nous n’avons pas pu bénéficier de moyens d’autres agences."

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Mars 2026
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A l’hôpital de la Croix Rousse à Lyon (Rhône), l’entreprise collecte généralement 6 à 10 bacs de 600 litres par jour. Au plus fort de la pandémie, dans cet établissement lyonnais, 90 bacs sont récupérés chaque jour. Certes, le poids des bacs était tombé à 30 ou 35 kg, mais il y avait beaucoup de volumes avec les blouses, les lunettes, les masques,…
En Rhône-Alpes, les mesures prises dans les Ehpad - un carton par lit et les couches passées de déchet ménager à DASRI - ont multiplié les emballages. Pour des établissements de 50 à 100 lits, ce sont 100 à 200 cartons qui sont enlevés chaque semaine au lieu de trois.
Augmenter les horaires et le temps d’utilisation du matériel
"Nous avons augmenté les horaires et le temps d’utilisation du matériel, tout en respectant les réglementations, précise Nicolas Teisseyre. Nous sommes obligés de faire rouler nos camions 20 heures par jour au lieu de 12 heures en période normale." Ces véhicules spécifiques - car les DASRI ne doivent pas être mélangés - ont été équipés de planchers mobiles : ils peuvent ainsi avoir deux niveaux pour ce chargement représentant peu de poids. Les bacs sont désinfectés, une fois vidés et renvoyés dans les établissements.
Incinérer ou banaliser
Pour l’élimination des déchets médicaux, deux solutions existent. L’incinération est souvent privilégiée, comme en Rhône-Alpes. Séché Healthcare y dispose de capacités importantes d’incinération qui lui ont permis de faire face aux pics d’activités sans problème. On peut également opter pour la banalisation, avec deux technologies. Soit les DASRI sont broyés et passent dans un banaliseur à vapeur à 200°C. Soit ils sont passés dans un tunnel équipé de plusieurs têtes de micro-ondes, pour être chauffés à 130°C et devenir ensuite des déchets banaux.
Le regard de ces professionnels du traitement des DASRI donne aussi certaines indications sur l’évolution de la pandémie. "Lors de la première vague, nous avons atteint rapidement le pic et le nombre de malades a vite diminué, observe Nicolas Teisseyre. Pour cette seconde vague, la montée a duré huit semaines et nous sommes sur un plateau. Parfois, nous avons du mal à accéder à certains hôpitaux. Dans certains cas, les ambulances peuvent faire la queue durant 2h30. Nous sommes réellement inquiets pour le mois de janvier."



