La santé adopte les « 5R » et s’engage plus avant dans le recyclage et le réemploi

La ministre Agnès Firmin-Le Bodo a dévoilé la feuille de route de planification écologique du système de santé français. Outre l’adoption des « 5R », le secteur s’engage à favoriser le réemploi. Objectif : réduire de 5% par an les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

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Agnès Firmin Le Bodo, ministre de l'organisation territoriale et des professions de santé
Par la voix de la ministre Agnès Firmin-Le Bodo, la santé s'engage à « adopter et systématiser » les « 5R », et à « favoriser le développement des circuits d’économie circulaire ainsi que le réemploi ».

En France, le système de soins représente 8% des émissions de gaz à effet de serre, soit environ 50 tonnes de CO2 par an. C’est pourquoi, dans le cadre du plan « France nation verte » décliné secteur par secteur, la ministre de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin-Le Bodo, a dévoilé hier la feuille de route de la « planification écologique du système de santé ». « Nous devons, dès maintenant, inscrire le secteur de la santé dans une planification écologique forte, concrète et complète, a-t-elle déclaré. Notre ambition doit être à la hauteur du défi : réduire de 5% par an nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. »

Réemploi, loi AGEC et dérogations

Pour y parvenir, plusieurs objectifs et engagements sont annoncés. Tout d’abord, la santé « adopte et systématise » les « 5R » (« réduire, réutiliser, et recycler, refuser et rendre à la terre ») ainsi que « l’intégration de la notion de fin de vie dès l'achat (récupération, circuit de valorisation en privilégiant le réemploi, la réutilisation et ensuite le recyclage) ».

La santé s’engage à « accélérer la réduction des déchets et leur valorisation d’ici 2030 et optimiser le périmètre des "déchets d’activités de soins à risques infectieux" (DASRI) pour le limiter le plus possible dès 2024 ». Pour cela, plusieurs axes de développement, tels que la mise en place d’une « filière de collecte et valorisation des verres médicaux issus des soins en établissements » et « la délivrance des médicaments à l’unité ». Ou encore, dès 2023, « favoriser le développement des circuits d’économie circulaire ainsi que le réemploi ».

En ce qui concerne les emballages et, en particulier, ceux en plastique, l’annonce était attendue, car obligatoire. Le ministère s’engage à « mettre en œuvre, notamment dans les services de pédiatrie et de maternité », la loi du 10 février 2020, dite loi Agec, qui impose l’interdiction du plastique pour les contenants alimentaires de cuisson, de réchauffage et de service « au plus tard le 1er janvier 2025 ».

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Si la feuille de route assure que l’objectif est de « diminuer l’exposition des enfants et des femmes enceintes aux perturbateurs endocriniens », il pourrait y avoir des exceptions. Parce que l’hygiène et la santé des patients l’emportent sur toute autre considération, « certaines dérogations sont à l’étude afin de respecter un objectif d’hygiène et de traçabilité ».

Actions concrètes

Profitant de l’occasion, Agnès Firmin-Le Bodo a mis en avant des actions. Comme l’annonce, il y a quelques jours, des six établissements publics de santé lauréats de l’appel à projets « visant à mener une expérimentation sur un an pour la réduction et la valorisation du plastique à usage unique et des déchets alimentaires ». Ou encore cette initiative locale, au sein des crèches du centre hospitalier de Limoges (Vienne) : pour limiter l'usage du plastique, l’établissement, privilégie des verres et biberons en verre ainsi que des plateaux en porcelaine pour servir les repas.

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