Sanofi se positionne sur la maladie d’Alzheimer. Le laboratoire français a annoncé le 22 mai la signature d’un accord définitif pour s’emparer de la totalité du capital de la biotech Vigil Neuro, spécialiste américain du traitement de maladies neurodégénératives. L’acquisition porte sur un montant initial de 470 millions de dollars (environ 415 millions d’euros), et pourrait même atteindre un maximum de 600 millions de dollars (530 millions d’euros) selon certaines modalités de bonus, à terme, pour les actionnaires actuels. La finalisation de l’opération est espérée au troisième trimestre 2025.
Basée à Watertown dans le Massachussetts, Vigil Neuro est un laboratoire de recherche clinique de 69 salariés, centré sur les traitements neurologiques. Sanofi semble particulièrement intéressé par le programme en développement VG-3927, actuellement en phase 1 de développement clinique, sur des volontaires sains. D’ailleurs, le laboratoire tricolore avait déjà investi 40 millions de dollars (35 millions d’euros au cours actuel) en juin 2024 dans cette société américaine, spécifiquement pour obtenir une licence exclusive sur ce programme en développement.
le développement de traitements pour la maladie d'Alzheimer
Il s’agirait du premier programme en portefeuille de développement de Sanofi dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. En neurologie, qui est une des aires thérapeutiques prioritaires du groupe, Sanofi est davantage positionné sur des pathologies comme la sclérose en plaques. La maladie d’Alzheimer est une pathologie qui touche plusieurs dizaines de millions de patients dans le monde, un chiffre estimé à environ 900000 personnes rien qu’en France selon l’Institut Pasteur. Dans son communiqué, Sanofi précise qu’aucun traitement actuel sur le marché «n’arrête ni n’inverse l’évolution de la maladie». La molécule en développement de Vigil Neuro ne soignerait pas cette pathologie mais pourrait améliorer la «prévention de la dégénérescence neuronale» dans le cas des maladies neurodégénératives, et donc d’Alzheimer.
En revanche, Sanofi souligne que son acquisition ne «porte pas sur le VGL101, la deuxième molécule du programme de développement de Vigil Neuro». Ce programme sera poursuivi par le laboratoire américain Amgen, séparément, en raison de la détention d'une licence, indique-t-on chez Sanofi. C’est le projet le plus avancé de Vigil Neuro. Cet anticorps monoclonal est développé dans trois indications de maladies neurodégénératives, dont l’un est en phase 2 d’essais clinique dans le traitement d’une forme de leucoencéphalopathie. Il s’agit de la leucoencéphalopathie héréditaire diffuse à sphéroïdes axonaux et cellules gliales pigmentées, une maladie rare actuellement sans traitement disponible et qui concernerait 19000 patients aux États-Unis et 29 000 au Japon et en Europe, selon Vigil Neuro.



