Un million de conteneurs traités par an pendant trois années consécutives. C’est le rythme de croisière du port de Pointe-Noire, au Congo, depuis la prise de fonction de Sandrine Wamy. Depuis septembre 2020, elle est directrice d’exploitation de Congo Terminal, une filiale d’Africa Global Logistics. C’est la première femme du groupe, et même le premier collaborateur tous genres confondus, à être passé de l’informatique aux opérations. Elle a dû pour cela accepter une mobilité géographique et quitter son Cameroun natal. Elle l’avait regagné en 2006, après avoir mené ses études d’ingénieure en informatique en France, à l’École supérieure d’ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE) Paris, et travaillé trois ans en Europe.
À Douala (Cameroun), elle grimpe les échelons d’Africa Global Logistics, entreprise de transport et logistique, et devient la première femme directrice régionale des systèmes d’information. À ce poste, elle pilote l’un des projets qui la rend très fière : le déploiement de Maximo, un logiciel IBM de gestion des actifs. «Ces trois ans de projet m’ont beaucoup challengée et fait grandir. Ils ont aussi donné une autre ampleur à ma carrière. J’ai acquis des compétences nouvelles et une large vision de l’entreprise, de ses process, des aspects financiers…»
Sa carrière en trois dates
- 2003 Diplôme d’ingénieure de l’ESIEE
- 2006 Entre chez Africa Global Logistics, à Douala
- 2020 Devient directrice d’exploitation de Congo Terminal
Elle formule ensuite le vœu de basculer vers les opérations. Et insiste. Il lui faudra quatre ans, de 2016 à 2020, pour convaincre sa hiérarchie et obtenir un poste au Congo. L’ingénieure de 44 ans est aujourd’hui très heureuse de ce changement, même si, elle le reconnaît, la première année a été rude. Elle se souvient avoir interrompu toute vie sociale, le temps de tout absorber, tout comprendre. Une gageure, d’autant qu’il lui a fallu gérer en parallèle le bien-être et l’intégration de ses enfants, alors âgés de 13, 10 et 7 ans. À défaut d’avoir eu toujours assez de temps à leur offrir, elle revendique avoir su leur apporter une grande qualité de présence lorsqu’elle pouvait se tenir à leurs côtés.
La productivité du port améliorée
Sur le plan professionnel, elle se félicite d’être en contact permanent avec les plus grands armateurs mondiaux, en Afrique du Sud, en France, en Suisse ou en Hollande. Elle a pu mettre à profit son goût pour la gestion de projet pour améliorer la productivité du port, raccourcir le temps d’attente des navires et de rotation des camions. Des changements organisationnels, un investissement dans la formation des équipes ou encore la mise en place de nouveaux processus ont rendu possibles ces avancées. Son savoir-faire informatique a aussi permis de sélectionner des outils pour favoriser la collaboration entre les responsables opérationnels.
Elle revendique un management de proximité, qui l’a aidée à trouver sa place dans un univers de travail très masculin. Sandrine Wamy ne rechigne pas à jouer les rôles modèles et serait heureuse que, lors d’un prochain changement de fonction, une femme lui succède. «La suite logique serait un poste de direction générale, mais ce n’est pas forcément mon rêve !» À toutes fins utiles, elle suit actuellement un executive MBA, à HEC Paris, en gestion d’entreprise. «Je n’ai pas une vue globale du monde de l’entreprise, je devais compléter ce volet sur le plan académique.»
L’œuvre qui la caractérise
“Quoi que tu fasses, tu dois continuer à avancer”, citation de Martin Luther King
«Je choisis une citation de Martin Luther King, pas une œuvre. Je ne suis pas capable de me résumer.»



