Saint-Gobain achète 100 GWh de biométhane certifié durable à TotalEnergies

TotalEnergies signe avec Saint-Gobain un accord de vente de 100 GWh de biométhane produit sur son site BioBéarn sur une période de trois ans à partir de 2024.

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Usine Saint Gobain Glass France
Pour décarboner sa production en France, Saint Gobain achète du gaz vert.

Pour TotalEnergies ce sera le premier BPA - comprenez "Biométhane Purchase Agreement" - l’équivalent pour le gaz renouvelable des PPA dans l’électricité solaire ou éolienne. Pour Saint-Gobain ce sera le deuxième. «Un Biomethane Purchase Agreement a déjà été signé par Saint-Gobain en Finlande», précise Thierry Fournier, directeur général Saint-Gobain France à L'Usine Nouvelle. Et si ce n’est pas le premier BPA signé en France, Engie ayant annoncé un contrat de ce type avec Arkema en janvier, ce sera le premier portant sur du biométhane certifié durable, insiste TotalEnergies.  

Les 100 GWh de biométhane que l’énergéticien va livrer entre 2024 et 2026 à Saint-Gobain seront en effet produit sur son site de méthanisation BioBéarn. Entrée en service le 12 janvier à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) près de Pau, cette unité de méthanisation est la plus grande de France, avec une capacité de 160 GWh de biométhane par an. C’est aussi la première dont la production est certifiée durable par l’Internationnal Sustainability & Carbon Certificatio (ISCC) selon les meilleurs critères de durabilité de la directive européenne REDII. Cela signifie que les intrants sont tous issus de l’agriculture biologique, explique TotalEnergies. Pour Saint-Gobain «la certification durable du biométhane garantit une traçabilité de la filière. Elle garantit notamment que l’approvisionnement en biomasse a un impact limité sur l’environnement et que les émissions de gaz à effet de serre sont effectivement réduites par rapport à un combustible fossile», précise Thierry Fournier.

20% de la production de BioBéarn

Si pour TotalEnergies ce contrat garantit un débouché pour 20 % de la production du site BioBéarn, site non subventionné, pour Saint-Gobain ce n’est qu’un moyen de baisser ses émissions de CO2  de 30% sur les scopes 1 et 2 d'ici à 2030 par rapport à 2017, parmi d’autres. Mais ce contrat, comme celui signé par Engie avec Arkema, donne un signal : «Les industriels sont maintenant sensibilisés sur le fait qu’ils pourront compter sur beaucoup de biométhane» et qu’ils «ont revu leur copie de décarbonation surtout lorsqu’ils ne peuvent pas tout électrifier», avance Olivier Guerrini, vice-président biogaz chez TotalEnergies.

Si la production de biométhane en France ne couvrait encore fin 2022 que 2 % de la consommation de gaz en France, les énergéticiens assurent d’être en mesure de fournir 20% des besoins en 2030.  Reste à savoir si, comme le souhaite Engie, ce biométhane doit être fléché sur le chauffage, pour éviter le tout électrique, et le transport… Ou doit aider les industriels à réduire leurs émissions, le temps de leur électrification ou de leur passage à l’hydrogène. Si Saint-Gobain a réussi à électrifier une de ses usines de production de plaques de plâtre en Norvège, l’utilisation de l’hydrogène n’est encore qu’au stade de la R&D «avec la production test en Allemagne ce printemps sur une ligne de verre plat d’Herzogenrath», remarque le directeur général du groupe.

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