Un téléphérique urbain va survoler la ville rose le 13 mai, date de son inauguration avant une mise en service le lendemain. Téléo, intégré au réseau Tisséo de métro, bus et tramways, reliera l’Université Paul Sabatier, l’hôpital Rangueil et l’Oncopole. Ce téléphérique composé de 15 cabines en ligne d’une capacité de 34 places peut transporter 500 voyageurs par heure dans chaque sens. Il est composé de cinq pylônes sur un tracé de 3 kilomètres. Il a été réalisé par le spécialiste français du téléphérique, Poma, qui a déjà inauguré il y a quelques semaines le transport sur câble de Saint-Denis de la Réunion, avant ceux de Grenoble (Isère) et Ajaccio (Corse-du-Sud), prévus pour fin 2024. Les travaux devraient commencer début 2023.
« Le téléphérique urbain est un mode de transport en devenir et il continue à se développer, indique Jean Souchal, président du directoire de Poma à L’Usine Nouvelle. Il est complémentaire des autres systèmes de transport urbain, notamment là où ils calent, quand il faut franchir des rivières ou des montagnes. » Il est aussi beaucoup moins coûteux de développer un transport sur câble que de construire un pont ou de faire passer un métro sous un fleuve.
La France, marché le plus dynamique
« La France est aujourd’hui le marché européen le plus dynamique » , relève Jean Souchal. Dans l’Hexagone, un autre projet est en cours. Il s’agit du téléphérique qui sera construit par l’autrichien Dollpelmayr sur 4,7 kilomètres entre Villeneuve-Saint-Georges (Essonne) et Créteil (Val-de-Marne). Sa mise en service est prévue pour 2025. D’autres villes ont évoqué la réalisation d’une ligne, parmi lesquelles Bordeaux, Lyon et Nice.
Poma, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 486 millions d’euros en 2019, souffre comme tout le secteur de la crise du Covid et les résultats de 2021 s'annoncent en baisse d’environ 30 % sur 2019. L’activité industrielle de l’entreprise, dont le siège social est à Voreppe (Isère), est concentrée sur quatre sites en Isère, Savoie et Haute-Savoie. Poma emploie 880 salariés en France sur un total de 1300, car il détient aussi des sites de maintenance et d‘installation, notamment dans le Colorado (Etats-Unis), près de Pékin (Chine) et à Medellin (Colombie). Les revenus se répartissent grossièrement en trois tiers entre la neige, le tourisme et le transport urbain. Un marché qui reste une spécialité alpine avec trois groupes européens : le suisse BMF, qui a réalisé le téléphérique de Brest (plus souvent à l’arrêt qu’en service), l’autrichien Doppelmayr et l’italien HTI, qui comprend notamment les sociétés Poma et Leitner.
Poma, présent de la Colombie à la Mongolie
Aujourd’hui, Poma revendique 40 % de parts du marché mondial des téléphériques urbains, qui a le vent en poupe. Récemment, il a développé un téléphérique pour la ville de Namur (Belgique), entré en service en 2021. Il est très présent en Amérique du Sud, notamment en Colombie. D’autres projets sont en cours, notamment la deuxième tranche du téléphérique de Saint-Domingue et celui d'Oulan-Bator en Mongolie. Un autre projet, porté notamment par la France, concerne la capitale de Madagascar, Antananarivo, où il suscite une forte opposition. En Algérie, « pays qui a le plus de téléphériques urbains », Poma est en co-entreprise avec l’Etat algérien pour assurer la maintenance. Il gère aussi le téléphérique Roosevelt Island de New York.
Ce mode de transport doit aussi s’approprier les innovations technologiques. Poma et Michelin ont récemment signé un partenariat pour développer des solutions plus durables dans le transport urbain. Des annonces devraient être présentées dans les prochaines semaines. « Ce partenariat a pour objectifs de développer des produits qui répondent à des enjeux de mobilité touristique ou urbaine, mais aussi au transport de matériaux à faible bilan carbone, ainsi qu’à la logistique urbaine aérienne par câble », indique un communiqué. Avec ces deux partenaires de poids sur son territoire, la région Auvergne-Rhône-Alpes est plus jamais le centre névralgique du transport urbain par câble.



