La remontée des cadences de production du site Albany Safran Composites de Commercy (Meuse) à leurs niveaux d’avant la pandémie de Covid-19 s’accompagne de projets innovants dans le remanufacturing. L’équipementier aéronautique Safran prévoit en effet d’investir sur place 6 millions d’euros sur la période 2023-2027 dans l’accroissement de ses capacités de production en aubes et carters de soufflante pour le moteur Leap, mais aussi dans la réparation de pièces en composite.
L’usine rattachée à la filiale Safran Aéro Composite, mais exploitée en partenariat avec le spécialiste américain du tissage industriel Albany International, va procéder en parallèle à des recrutements. Une centaine de salariés devrait venir compléter, d'ici 2027, les effectifs du site, composés actuellement de 480 personnes.
L’obtention, il y a quatre ans, de l’agrément européen Part 145 avait ouvert l’opportunité de développer localement la maintenance aéronautique. Safran anticipe désormais un passage de 200 pièces réparées dans la Meuse en 2022 à plus de 3 500 pièces en 2026. Le groupe prévoit, pour ce faire, d’augmenter la surface de son atelier de réparation et d’intégrer de nouvelles technologies. «Le développement de l’activité de réparation constitue pour SafranAéroComposite une opportunité supplémentaire de contribuer à la décarbonation du transport aérien. Il s’agit de définir, d’industrialiser et de mettre en œuvre les procédés permettant de réparer nos composants, une alternative plus durable à leur remplacement. En développant cette activité, nous allons également pouvoir observer comment évoluent nos pièces après sept à huit années passées sous les ailes d’un avion», note Pierre Guillaume, nommé en novembre 2022 à la direction de Safran Aéro Composite.
Collaboration avec Safran Châtellerault
Les salariés vont réparer des aubes de soufflante fabriquées à Commercy par tissage en trois dimensions de fibres de carbone et moulage par transfert de résine, ainsi que d’autres pièces en composite. Pour ce faire, Safran Aéro Composite va notamment intégrer une technologie développée par l’usine Safran de Châtellerault (Vienne), spécialisée dans la maintenance et la réparation des moteurs civils et militaires. Cette collaboration inédite permettra de réparer à Commercy une aube de soufflante de A à Z à l’horizon 2027 ; à la fois son corps central en composite, mais aussi son bord d’attaque en titane, une partie fortement impactée par l’érosion et les micro-chocs. Le bord d’attaque pourra être retaillé via l’acquisition d’un centre d’usinage de haute technologie, tandis que son rechargement en métal sera possible grâce à l’investissement dans un système d’impression 3D au laser.
Safran s’étant engagé à poursuivre sa collaboration avec Albany International jusqu’en 2046, le site meusien inauguré en 2014 semble avoir des perspectives de long terme devant lui, au même titre que ses usines jumelles de Rochester (Etats-Unis) et Querétaro (Mexique).



