Joli coup pour le Breton Sabella. La société d’ingénierie spécialisée dans les hydroliennes, basée à Quimper et Brest (Finistère), met la main sur tous les brevets et technologies liés à l’énergie des courants de General Electric. L’américain en avait hérité lors de l'acquisition des actifs énergie d’Alstom, en 2015, mais n’en avait jamais rien fait. Ces technologies sont le fruit de tous les développements réalisés depuis 2003 par une succession d’entreprises. Dont l’entreprise de Bristol Tidal Generation Limited (TGL, acquise en 2009 par Rolls-Royce), qui avait cédé ses actifs hydroliennes à Alstom.
Sabella met donc la main sur un ensemble de brevets et produits dont la marque Oceade, dont une hydrolienne avec un moteur asynchrone avec boîte de vitesses dont les pales sont orientables. Mais ce n’est pas tant cette hydrolienne qui intéresse Sabella, que "certaines briques technologiques, que nous allons utiliser pour développer la production de masse d’hydrogène vert en mer", explique Fanch Le Bris.
GE Hydro associé au projet
Sabella travaillerait déjà sur un projet de démonstrateur avec un très gros industriel européen, dont il ne peut pas parler. La seule chose qu’il peut en dire c’est "que l’on va associer des technologies de sécurité de la chaîne électrique des turbines de barrage de GE à la robustesse de nos hydroliennes D10, pour produire des machines de très grande puissance", dévoile le DG de Sabella. On comprend ainsi mieux pourquoi GE Renewable Energy, la filiale énergies renouvelables de GE, pilotée par un Français depuis la France, ne s’est pas contenté de vendre son activité hydrolienne. Dans l’opération, GE prend des parts dans Sabella, dont le capital est détenu à 50% par des fonds (dont 20% BPIfrance), 48% par des industriels et 2% par les salariés et le management. Le contenu de l’accord reste secret, mais "les deux parties s’y retrouvent à court, moyen et long terme", affirme Fanch Le Bris.
3e phase du démonstrateur d'Ouessant
Pour l’entreprise bretonne de 25 personnes, la production d’hydrogène viendra compléter son activité de production d’électricité par des hydroliennes posées, qui décolle doucement. "Nous sommes en train de signer des contrats commerciaux pour des fermes pilotes", explique le DG de l’entreprise.
Sabella s'apprête à lancer une troisième campagne pour le démonstrateur industriel de son hydrolienne horizontale D10 de 1MW de puissance sur le passage du Fromveur, entre Ouessant et Brest. "La deuxième a déjà permis d’alimenter l’île d’Ouessant et la mise au point la chaîne électrique, la partie mécanique ayant fonctionné du premier coup", se félicite Fanch Le Bris. La troisième, lancée au printemps 2021, doit résoudre des problèmes résiduels de connectique. Elle durera jusqu’en 2023, et permettra toujours d’alimenter l’île d'Ouessant. Mais l’interface réseau de l’île ne permet d’utiliser que 250 kW de la puissance de 1MW de l’hydrolienne. Ensuite, dans le cadre du projet Phares, mené par Akuo pour alimenter l’île à 65 % par des énergies renouvelables, l’hydrolienne D10 sera remplacée par deux unités plus puissantes de type D15. Elles seront fabriquées à Brest.



