Comme un air de déjà-vu ! Attaqué par deux fonds activistes, qui veulent sa tête, Emmanuel Faber reste pour l’instant PDG de Danone. Le conseil d’administration du premier groupe agroalimentaire français lui a accordé un répit. Une prochaine réunion du conseil portera spécifiquement sur la gouvernance du groupe et pourrait déboucher sur une séparation du poste de président de celui de directeur général.
Pouvait-il en être autrement alors que le conseil a validé, ces dernières années, les grandes orientations stratégiques de ce dirigeant pas tout à fait comme les autres ? Qu’une entreprise à mission, comme l’est devenue Danone, continue de devoir rendre des comptes à ses actionnaires, rien d’anormal non plus.
Et là, force est de constater que le principal grief porté à l’encontre d’Emmanuel Faber semble récurrent chez Danone. Plus touché que ses grands concurrents par les conséquences de la pandémie mondiale du Covid, Danone est aussi moins rentable. Ce qui était déjà reproché au précédent PDG, Franck Riboud, successeur de son père Antoine, le fondateur de l’entreprise.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Il y a tout juste vingt ans, à cause du manque de rentabilité de sa branche biscuiterie, revendue depuis, Danone avait annoncé la fermeture de l’usine LU de Ris-Orangis (Essonne). Un sacrifice qui avait marqué la campagne pour l’élection présidentielle de 2002. Rencontrant une délégation des LU lors d’un déplacement dans l’Essonne, le Premier ministre Lionel Jospin n’avait pas su faire preuve, devant les caméras, de l’empathie mise en avant par son adversaire, le président sortant, Jacques Chirac, qui, lui, allait rencontré quelque temps plus tard des salariés à l’abri des regards indiscrets. Au-delà de l’erreur de communication, il était difficile pour le candidat socialiste de s’attaquer frontalement à un Franck Riboud réputé proche de la gauche.
Foin de politique en 2021, le gouvernement s'est bien gardé, pour l'instant, d'intervenir.



