« Le moteur industriel mondial a commencé à vaciller en 2023 et l'industrie chimique, en particulier, a été confrontée à de forts vents contraires. Nous n'avons pas été épargnés », a déclaré Christian Hartel, le p-dg de Wacker Chemie, lors de l’annonce des résultats de l’année écoulée. En effet, le groupe allemand, comme bon nombre d’industriels de la chimie, a été victime d’une diminution des prix et des volumes de vente, et a subi les coûts élevés de l’énergie et des matières premières. Il a ainsi vu ses ventes chuter de 22 %, pour atteindre 6,4 milliards de dollars. À l’instar de son Ebitda, qui s’est effondré de 60 %, atteignant seulement 824 M€.
« La reprise de la demande qu’on espérait au second semestre [de 2023] ne s’est pas concrétisée. Par conséquent, nous n'avons pas atteint les chiffres record de 2022 », a déploré le p-dg. Dans le détail, les segments Wacker Silicon et Wacker Polymers (respectivement 43 % et 25 % des ventes) ont vu leurs ventes dégringoler de 21 %. Celles de Wacker Polysilicon (25 % des ventes) ont perdu 30 %. Wacker Biosolutions (5 % des ventes) a, quant à lui, augmenté son chiffre d’affaires de 2 %, la croissance des produits biopharmaceutiques ayant été particulièrement importante en 2023.
Des lignes de production supplémentaires
En 2023, les dépenses d’investissements ont augmenté de 30 %, pour atteindre 710 M€. À Burghausen, en Allemagne, le groupe a finalisé, en août dernier, l’extension de sa capacité de chlorure d’hydrogène (HCl) ultrapur utilisé comme agent de gravure et de nettoyage des plaquettes de silicium (base de la fabrication des semi-conducteurs). Sur le même site, il a annoncé, en juin 2023, l’augmentation de plus de 50 % de sa capacité de polysilicium de qualité semi-conducteur, pour une mise en service prévue en 2025. Wacker a également investi sur le site allemand de Nünchritz dans de nouvelles lignes de production de mastics silicones, qui devraient être opérationnelles à l’automne 2024. Du côté de la Chine, il a doublé sa capacité de dispersions de polymère et de poudres de polymère dispersibles à Nanjing. Et il prévoit d’augmenter ses capacités de silanes organo-fonctionnels, à Jining, et de spécialités à base de silicone, à Zhangjiagang.
Confiance en l’avenir
« Pour l’heure, aucun redressement durable de la demande n'est en vue. Si la demande de silicones s'est redressée dans certains secteurs au début de l'année, des contraintes subsistent, en particulier dans l'industrie de la construction », annonce le p-dg. Par conséquent, Wacker prévoit un chiffre d’affaires compris entre 6 et 6,5 Mrds € et un Ebitda s’élevant à 600-800 M€.
« Nous sommes confiants dans l'avenir à moyen et long termes. Nous restons [donc] fidèles à nos objectifs de croissance pour 2030 », a-t-il poursuivi. D’ici là, le groupe vise un chiffre d’affaires de plus de 10 Mrds € et une marge d’Ebitda qui devrait dépasser les 20 % (12,9 % en 2023, après 25,4 % en 2022). Pour ce faire, il s’appuie sur trois leviers stratégiques : d’abord, ses produits répondant aux besoins des mégatendances – énergies renouvelables, électromobilité, numérisation – dont la demande est logiquement amenée à croître. Ensuite, il prévoit des investissements dans son réseau de production couvrant le monde entier. Enfin, il compte sur la part de produits durables dans le portefeuille, qui, selon le p-dg, « constitue la base de [leur] succès futur ».



